
monde sait qu’une substance saline se précipité
tout aussi indistinctement sur les parois que sur
le fond d un crislallisoir et que les cristaux, qui
se déposent sur des barreaux places verticalement
dans la dissolution, sont même les plus beaux.
Mais, pour prendre nos exemples dans la nature,
nous rappellerons que, dans des filons entièrement
verticaux, on voit les deux parois revêtues
de couches de quartz, de plomb sulfuré, etc.,
tandis que le milieu reste vide. Les géodes des
roches amygdaloïdes dont nous avons parlé
(§ io5), et qui sont composées de couches sphé-
roïdales de calcédoine, de quartz, etc., d’égale
épaisseur, prouvent l'indifférence avec laquelle
une précipitation se fait sur une surface inclinée
et sur une surface horizontale : elle se fait même
tout aussi bien de bas en haut, que de haut en
bas, la force de cristallisation étant infiniment
supérieure a la gravite , et n’étant nullement influencée
par elle. J ai vu un exemple frappant de
ce fait, dans des tuyaux de conduite retirés des
fondations du palais du Luxembourg , à Paris :
1 eau , chargée de carbonate calcaire , les avait
revetus d une incrustation d’une épaisseur égale,
et d’environ un pouce, dans tout le pourtour.
Non-seulement Saussure admettait la possibilité
de ce mode de formation pour les couches éminemment
cristallines des roches primitives, mais
encore pour des couches produites par une cris-
EOBME ET POSITION DES COUCHES. 3 4 g
tallisation confuse, telle que celles du Jura. Les
rochers, disait-il, étant produits par une cristallisation
, on ne doit nullement s étonner de
voir leurs couches perpendiculaires à 1 horizon.
(Sauss. , §§ 239, 34o.)
Mais les couches ont-elles été réellement formées
dans la position inclinée qu’elles ont au-
jourd hui, et par suite de l’inclinaison de leur
base? Si l ’on n’avait que quelques couches de
gneiss, par exemple, reposant sur un granité
très - incliné , on l’admettrait sans hésitation.
Mais lorsque, sur une grande étendue de terrain,
on les trouve presque verticales ; lorsque , dans
un espace de cinquante lieues, depuis le Hanovre
jusqu’aux Ardennes, on marche presque toujours
sur la tranche des couches du schiste-traumate
(gramvackenschiefer), il est bien difficile d’admettre
cette même cause. Lorsqu’au milieu de ce
schiste on trouve des fragments de phyllade de
forme plate, ayant leur plan parallèle a celui
de la strate qui les contient, et étant par conséquent
poses de champ, puisque la strate est près
que verticale , et j’ai vu le fait ; il est alors évident
que cette strate et celles entre lesquelles
elle est comprise ont dte formées horizontalement
, et qu’une cause étrangère les a portées
dans leur position actuelle. Saussure a été contraint
à la même conséquence, a la vue des pou-
dingues de Yallorsine , devenus depuis si célébrés
[Redressement
ou
renversement
des
couches.