
Structure
globuleuse
dans les roches
compactes.
mot, elle produira sur la boule une écorce altérée à couches concentriques
, dont le tissu sera naturellement d’autant plus lâche
qu’ elles seront plus près de la superficie. Quant à l'intérieur,
par-tout où la décomposition n’aura point pénétré, il n’y aura
qu une masse solide, continue et sans la moindre apparence de
division en couches : j’ai eu occasion de m’en convaincre un
grand nombre de fois. En traitant des granités, des diabases,
des basaltes , des grès, je donnerai plusieurs exemples de cette
division en boules, et l’on y verra combien l’action décomposante
del atmosphère peut se faire sentir bien avant dans l’intérieur
des masses minérales r sans détruire et même sans altérer
considérablement leur superficie-
§ iig . Les formations globuleuses, d’origine
primitive , se retrouvent encore dans les roches
et les minéraux qui ne se présentent plus sous
l’aspect cristallin, et dont la cassure est compacte.
Les oolithes , qui existent en si grande abondance
dans quelques terrains secondaires , en
sont un exemple : tous les minéralogistes connaissent
celles qui, semblables à des grains de
chanvre, sont, dans les marnes, subordonnées
au grès (bigarré ) de la Thuringe. Ces petits globules
se seront produits autour d’autant de centres
d’attraction, par la réunion et le groupement
des molécules calcaires contenues dans la masse
marneuse ; elles y auront laissé les parties hétérogènes
, et formeront au milieu d’elles des grains
plus purs. Quelquefois toutes les molécules d’une
couche calcaire se grouperont ainsi eh globules ;
et la couche ne paraîtra plus que comme un composé
de petits grains ronds, sans ciment intermédiaire
, et presque sans adhérence les uns aux
autres. J’ai vu un exemple de ce fait près de
Mortagne : une couche de près d’un pied d e-
paisseur y présentait l’aspect d un de ces grands
tas de grains d’anis qu on voit dans les magasins
des confiseurs. Saussure en a observé de pareilles
sur le Salève, sur la Dole, etc. Les grains oolithi-
ques sont ordinairement compactes; mais souvent
aussi on y découvre des indices de couches concentriques,
et même de rayons dirigés vers le centre.
Quelquefois le centre est occupé par un fragment
de coquillage ; c’est autour de ce corps étranger
que la cristallisation, ou plutôt le groupement des
molécules s’est opéré. Ce fait se voit assez fréquemment
dans le Jura, où les grains ont jusqu’à
un pouce et plus de diamètre. ( Sans s. , 35g. )
Souvent les masses globuleuses sont d’une nature
entièrement différente de celle de la roche
au milieu de laquelle elles se trouvent. C’est ainsi
que , dans des calcaires de la Bavière, on voit
des boules parfaitement sphériques , et à couches
concentriques de silex-corné ( homstein concoïde
deWerner): elles sont très-vraisemblablement
dues à la réunion des molécules siliceuses qui
étaient disséminées dans la masse calcaire encore
molle ou fluide ; cédant a leur force attractive ,
elles se seront groupées, et comme pelotonnées
autour d’un centre. Si le groupement n’avait pu