
Effets
des volcans.
inégalités et la situation actuelle des couches : le Mont-Rose
qui domine toutes les Alpes , la cime du Mont-Blanc exceptée,
est en couches presque horizontales ; et le pied des Pyrénées
occidentales est en couches presque verticales : ailleurs, on aura
une disposition inverse. Nous traiterons, dans le chapitre suivant,
du redressement et de l’inclinaison des couches.
A r t . II I. Effets dus aux volcans et aux tremblements
de terre.
§ g3. Des nuages de cendres et de sable , une
grande quantité de scories sortent de la bouche
des volcans et se déposent sur les contrées voisines
, où elles forment des couches de tufs. Ces
mêmes bouches vomissent des torrents de lave ,
qui, en se répandant sur le sol voisin, le couvrent
d’une couche solide plus ou moins épaisse. Enfin
ces courants et les produits des déjections , en
s’amoncelant autour des bouches, forment des
montagnes quelquefois d’une bien grande hauteur
: c’e&t ici le plus grand effet des volcans sur
la surface de la terre ; il a produit l’Etna , le pic
de Ténériffe, le Cotopaxi, l ’Anlisana , etc., qui
égalent presque en élévation les plus hautes montagnes
du globe.
Comparons un instant, sous le rapport de la
quantité, ces divers produits, qui constituent les
terrains volcaniques , avec les autres espèces de
terrains.
Picmarquons d'abord que les produits des éruptions
et des déjections des volcans ne se trouvent
guère qu’à la surface du globe, et qu’ils n’entrent
point dans sa charpente. Lors même que quelques
unes des assises de l ’édifice seraient de nature
analogue aux produits volcaniques, analogie
qui n’est pas encore hors de tout doute, elles auraient
un mode de formation différent de celui
des laves actuelles, c’est-à-dire qu’elles ne seraient
pas arrivées dans leur position actuelle , en sortant
d’un cratère, et en coulant sous la forme
de nos courants ignés. En un mot, il paraît que
la formation des roches et de leurs couches était
terminée ou presque terminée, lorsque nos
volcans ont percé la surface du globe et s’y sont
allumés. Plusieurs d’entre eux sont déjà éteints,
et le nombre de ceux qui brûlent encore est d’environ
deux cents ( § 54 )•
Quelque abondantes que soient leurs déjections
pulvérulentes, à quelque grandes distances
qu’elles soient portées , les terrains meubles
qu’elles forment ne seront encore presque rien
en comparaison des autres terrains de transport ;
le sol de la Campanie, périt-être la plus grande
région de tufs volcaniques de l’Europe , n’est
rien en comparaison des grandes plaines de sable
de la Hollande et de la basse Allemagne. A quoi
se réduisent les effets du Vésuve? A avoir élevé
un cône de 1200 mètres de haut, et à avoir recouvert
de ses laves et de ses scories, un espace
qui n’a pas vingt lieues carrées : l’Europe en a