
4 5 2 DE LA MESURE DES HAUTEURS
observations faites dans l’intérieur de la masse solide du globe,
et qui prouvent incontestablement, qu’à toutes les profondeurs
que nous avons atteintes , la température augmente
avec la profondeur.
Au reste, en rappelant ce dernier fait, et en le donnant
comme positif, je ne préjuge rien sur sa cause. Je me borne
à observer qu’il semble indiquer que la terre possède, dans
son sein, un foyer ou des foyers de chaleur indépendans de
l’action du soleil. Mais cette chaleur provient-elle d’un feu
central, dû à un état de fusion dans lequel serait encore l’intérieur
du globe, ainsi que le pensaient Ruffon , Mairan,
Bailli, etc. P Ou bien est-elle un effet de l’action chimique que
les corps qui sont dans le globe exercent les uns sur les
autres ? Ce sont des questions pour la solution desquelles nos
connaissances, sur les parties de la terre accessibles à nos
observations , ne nous fournissent point de données.
NOTE XI.
J)e la mesure des hauteurs à l ’aide du baromètre.
La hauteur des montagnes et l’élévation respective des diverses
parties d’un terrain, sont, pour le géologiste qui les parcourt
et qui les étudie, un objet du plus grand intérêt, et la détermination
de ces élévations est une de ses plus importantes,
je dirai même une de ses plus satisfaisantes occupations. C ’est
à l’aide du baromètre qu’il l’opère, et cet instrument est devenu,
en quelque sorte, un compagnon habituel de ses voyages.
En conséquence, je crois pouvoir exposer, datis ce traité-de
géognosie, ce mode de mesurer les hauteurs. Je vais le faire de
manière à en donner une pleine intelligence, tout en cherchant
à le'mettre à la portée du plus grand nombre possible de lecteurs
et tout en évitant des détails pour lesquels je renvoie
A L ’AIDE DU BAROMETRE.
O A
à un mémoire que j’ai publié dans les tomes 70 et 71 du
Journal de physique.
Si l’on plonge , dans une cuvette pleine de mercure , l’extrémité
inférieure d’un tube vide d’air et fermé par le haut, la pression
quel’atmosphère exerce, par suite de son poids , sur la surface
du métal, le force à refluer dans le tube, et a s y élever
jusqu’à ce que le poids de la colonne mercurielle contre-balance
cette pression, et qu’il lui soit par conséquent égal : en d’autres,
termes, le mercure monte jusqu’à ce que le poids de sa colonne
soit égal à celui d’une des colonnes de l atmosphère qui reposent
sur la cuvette, et qui aurait un même diamètre : telle est la
théorie du tube de Torricelli ou baromètre. Si on éleve cet
instrument au-dessus de la surface de la terre , les colonnes de
l’atmosphère qui pèsent sur lui, devenant plus courtes , le mercure
, moins chargé , baissera dans le tube ; et cet abaissement,
se trouvant en rapport avec l’élévation, pourra nous la faire
connaître; il suffira de trouver desTèglesou formules qui donnent
les élévations correspondantes à des longueurs de colonnes barométriques
connues.
Je vais établir ces règles de la manière la plus élémentaire
possible, ce sont elles qui constituent la méthode barométrique
de mesurer les hauteurs ( 1 ) , et je donnerai ensuite
le moyen d’en faire usage aux personnes les moins vèrsées
dans l’art du calcul : j’examinerai, dans une seconde partie,
(i)L a démonstration que je vais donner n’exige d’autres connaissances
en mathématique quecelle des éléments d’arithmétique,
tels qu’ils sont exposés dans des cours placés entre les mains des
commençants, dans celui de Bezout, par exemple, et ces premières
notions d’a lgèbre que l’on peut acquérir en une ou deux heures Me
tems . A la liri de cettè iiote, je donnerai une solution analytique et
complète du problème.
L’uné et l’autre de ces méthodes me sont entièrement propres.