
primitifs : quoique les couches y présentent toutes
sortes de variations, et qu’on les voie assez souvent
horizontales ou presque horizontales , bien
plus soment encore elles se rapprochent de la position
verticale : mes observations , dans les
Alpes , portent l ’inclinaison moyenne entre 5o
et 70°.
Cette forte pente n’est pas seulement propre
aux pays de montagnes , elle se retrouve dans les
légions basses , et je pourrais dire jusque dans les
plaines. On peut s’en convaincre en examinant les
terrains primitifs qui bordent la mer, et en marchant
sur le terrain traumatique ( Grauwacken-
schiefer') qui s’étend du Hartz aux Ardennes.
La direction générale des couches étant de
l ’est à l ’ouest (de l’E. N. E. à l ’O. S. O .) , l’inclinaison
sera vers le nord ou vers le sud ( N.
N. O. ou S. S. E. ). On a remarqué en Europe,
et particulièrement dans les Alpes, qu’en général
elle était plus fréquemment vers ce dernier
point de l ’horizon, mais sans aucun parallélisme
avec la pente des versants; elle serait
meme plutôt en sens inverse de cette pente :
c est ainsi que M. de Buch , longeant les côtes de
laNorwége, y voyait les couches plonger continuellement
vers le continent et les hautes montagnes
; c est ainsi que, sur le versant septentrional
des Alpes suisses, presque toujours les
couches plongent vers le midi. Sur l’autre versant,
elles plongent quelquefois vers le nord ;
et il arrive assez souvent que le passage d une
de ces pentes à l’autre se fait graduellement, de
manière que leur ensemble présente la forme
d un éventail ouvert, dont les côtes se relèvent
graduellement, de part et d’autre, jusqu’à devenir
verticales vers le faîte de la montagne •’ telle
serait la coupe transversale de la chaîne au sud
de la vallée de Chamouni, d’après Saussure ; celle
des Grandes-Alpes au Saint-Golhard , d après
M. Escher ( i) ; celle du Mont-Perdu, dans les
Pyrénées, d’après M. Ramond(a), etc. Voy.^%. 10.
§ 135. Quelle est donc la cause qui a pu donner
aux couches des roches cette grande inclinaison?
Ont - elles été formées ainsi par un effet de la
pente de la base sur laquelle elles se sont déposées
, ainsi que le pensaient Werner, Palassou,
etc.? ou bien ont-elles pris celte position par
suite de quelque bouleversement survenu après
leur consolidation ? Ce sont des questions qui
divisent les géologistes, et sur lesquelles nous
allons nous arrêter un instant.
Que des couches de nature cristalline, et qui
Observations
surla cause
de l’inclinaison
ne sont point de simples sédiments , ne puissent
se former dans une position très - inclinée et
même verticale, c’est incontestable. Tout le 1 2
des
couches.
Formation
de couches
inclinées.
(1) Âlpina, tom. 1.
(2) J ou mal des mines , to ai . *4’