
Produit de
la décomposition
dans
les plaines et
les mers.
ment aux crêtes des rameaux, et en respectant cës
crêtes? Comment dés affaissements ont-ils produit
toutes ces ramifications par lesquelles lés vallées
vont se perdré insensiblement sur les faîtës et
sur les crêtés ?
Ceux qui ont voulu que les montagnes fussent
produites par des soulèvements , avaient ils pris
également en considération foutes ces mêmes circonstances
de la structure des chaînés ?
Ceux qui prétendent que les valléës ont été ouvertes
par dés courants, soit dans le fond dés
mers, soit lors de grandes débâcles, n’étaient-ils
pas dans le même cas ? Avaient-ils vu que toutes
vallées, dans une chaîne, sontfermëes par leur extrémité
supérieure? Que, dans là meme chaîne, si
celles du premier ordre sont dans une même direction
, celles du second leur sont perpendiculaires
, et que par suite des déviations que celles
de tous les ordres présentent si souvent, il y a, sur
une même chaîne, des vallées dans toutes sortes
de directions.
Ceux enfin qui iront vu dans nos montagnes que
le redressement dé diverses partiés dé là croûte dé
la terre, croule fràcassée parle choc d’uné comète,
se rappelaient-ils qu’il existe dès montagnes sur
tout lé pourtour du globe, ét qûé les plus grandes
n’y sont pas même comme les petites aspérités sur
la peau d’unë orange ?
§ 92. Que sont devenus tous les débris provenant
DÉGRADATION I)E LA SERF. DU GLOBE. 2 5 1
de rabaissement des terrains , du morcellement
des couches et de l’excavation des vallées? Une petite
partie est restée au fond des vallées , et elle y
forme le revêtement de terre et de pierres qui
couvre la partie inférieure des parois , et qui occupe
leur fond : le reste a été entraîné par les
eaux , déposé sur le sol des grandes plaines , ou
emporté dans le sein des mers et étendu sur leur
lit et sur leurs côtes.
Deluc fait une objection bien forte contre la
destination que nous donnons ici au produit de la
destruction des roches, et, par suite, contre cette
destruction , notamment contre l’excavation des
vallées. Qu’est devenue , dirait-il, par exemple ,
cette immense quantité de matière minérale qui
aurait rempli la grande vallée du Rhône et les vallées
affluentes? A-t-elle été emportée par le fleuve
et étendue sur les contrées qu’il traverse , ou
a-t-elle été portée à la mer dans laquelle il se décharge?
Cela est impossible : le lac de Genève intercepte
toutes les pierres et presque toutes les
terres que le Rhône peut emmener des Alpes ; son
onde sort toujours pure du lac : les débris auraient
dû combler le bassin ; avant qu’il le soit-, aucun ou
presque aucun ne peut aller au delà. Dé même, le
Rhin ne peut rien ou presque rien charrier au delà
du lac de Constance ; ce n’est donc pas lui qui
a amené et dépose le terrain de transport des
plaines de l’Alsace , et encore moins celui des