
que la dissolu lion a produit et reprod ui t, à diverses
reprises , et au milieu de couches différentes , la
meme espèce de roche , ces divers dépôts présentent
encore une autre suite deformations ; mais
ici les termes sont bien distincts par leur gisse-
ment. Parmi les divers exemples de chacune de
ces sortes de suites que donne Werner, je vais
citer les deux suivants.
§ 144. Dans la première classe, nous aurons la
suite que Werner a nommée provisoirement suite
des schistes: c’estla plus étendue et la plus remarquable
de toutes. Au milieu de la série est 1&
schiste-phyllade : d’un côté, on remonte jusqu’au
granité ; de l’autre , on descend jusqu’au terrain
houiller. Les plus anciens phyllades, observés avec
soin, paraissent n’être qu’un assemblage de paillettes
de mica extrêmement fines, entremêlées de
points quartzeux : dans l’époque immédiatement
antérieure, les paillettes et les points augmentent
de grandeur , et l’on a des feuillets de mica entremêlés
de lames et grains de quartz ; c ’est le
schiste-micacé : en remontant encore vers les teins
les plus anciens , on voit le feldspath se joindre a
ce mélange , le mica diminuer en quantité , et
l ’on a du gneis ; enfin, le mica continuant à diminuer
et le feldspath à augmenter , on arrive au
granité, dont la texture devient de plus en plus
grenue, et legrain de plus en plus cristallin. Dans
la partie inférieure de la série, on voit le phyllade
CHANG. DANS LA FORM. DES MASSES MIN. 3 y I
perdre l ’éclat qu’il tenait du mica; ses feuillets
deviennent plus épais et leur tissu plus terreux :
bientôt après , on le voit noircir ou s’imprégner
de carbone ; il présente quelques empreintes de
végétaux, et il est, par conséquent, déjà dans les
terrains secondaires : il y alterne avec le premier
précipité mécanique que l’on trouve en suivant
l’âge des formations , le traumate ( grauwache ),
et ces deux roches en se mélangeant forment le
schiste-traumate ( grauwackenschiefer ). De là-,
à la formation houillère , il n’y a plus qu’un pas ;
quelques minéralogistes même, frappés de la ressemblance
entre les terrains traumatiques et les
terrains houillers, les regardent comme constituant
une seule et même formation : il n’y a aucune
différence minéralogique entre certains grès
de houillères et certains traumates.
Quelque diversité qu’il y ait entre les extrêmes
de cette suite, entre le granité, et le terrain houiller
, on ne peut cependant méconnaître la progression
d’intermédiaires qui les lie, et qui indique
évidemment qu’ils sont tous les produits d’une
même dissolution qui a graduellement et peu-à-
peu changé de nature , et dont les précipités ont
passé insensiblement de l’état cristallin èt l’état mécanique
le plus grossier.
§ i 45. Le calcaire va nous offrir l ’exemple le
mieux caractérisé des suites de la seconde espèce.
Nous trouvons cette roche jusque dans les gneis
24.
Suite des
calcaires.