
autres sont particuliers à certains parages ; ce sont
les courants. 11 ne saurait être question ici des
mouvements en quelque sorte accidentels et momentanés
, occasionés par les vents irréguliers et
les ouragans.
Les mouvements généraux sont :
i° Le flux et rejlux, produits par i action attractive
de la lune et du soleil, qui élève et
abaisse alternativement, deux fois par jour , les
eaux de l’Océan. La différence de niveau entre la
plus grande élévation et le plus grand abaisse-i
ment, dans deux oscillations ou marées consécutives
, est la mdrée totale. Sa grandeur varie suivant
les localités et les circonstances ; elle est
quelquefois déplus de douze mètres à Saint-Malo,
et elle est à peine d’un pied au milieu de la mer
Pacifique. L’action attractiv e du soleilel celle de la
lune , causes du phénomène , concoïncidant dans
les sysigies, la maree doit etre la plus forte a cette
époque ; par suite, elle doit être la plus faible ,
dans les quadratures: a Brest, elle est de a,q meties
dans le premier cas, et de 2,8 dans le second.
2° Le mouvement général d’orient en occident
qui règne dans la zone torride, c’est le grand
courant équatorial. Il a été particulièrement reconnu
depuis la mer des Indes jusqu’au golfe
du Mexique ; sa largeur varie considérablement ;
aux environs de Sainte-Helene , elle v a , dit-on ,
jusqu’à quatre cents lieues. Sa vitesse éprouve de
pareilles variations ; ainsi elle n’est guère que
de deux mille mètres par heure au cap de Bonne-
Espérance, tandis qu’elle est de six mille , sous la
ligne , dans l ’Océan atlantique, d’après le major
Rennel. D’Alembert attribuait ce mouvement au
soleil et à la lune, qui, en s’avançant vers l’occident,
attiraient, soulevaient et tramaient, en quelque
sorte, à leur suite, les eaux de l ’Océan ; mais
M. de Laplace a fait voir que la force attractive
de ces astres ne peut produire, ni dans les mers,
ni dans l’atmosphère , aucun courant constant ;
et cet illustre géomètre attribue sa cause à l ’action
des vents alisés qui soufflent d’orient en occident,
et qui régnent constamment dans la zone torride.
Les mers présentent en outre un grand nombre
de courants particuliers ; mais leur nomenclature
et les détails qui les concernent étant purement
du domaiue de la géographie, nous renverrons
aux ouvrages sur cette science , et à un traité
de M. Romme sur les vents, les courants et les
marées. Nous nous bornerons ici à citer, comme
exemple , le plus considérable de ceux de l’Océan
atlantique, le Gui/Stream ( courant du golfe ) ;
cet exemple suffira pour donner une idée de ces
fleuves marins , et pour mettre à même de juger
des effets qu’ils peuvent produire sur la partie
solide du globe. Les eaux de l’Océan , portées
dans le golfe du Mexique par le courant général
dont nous avons parlé, en sortent par le détroit