
Opinion de
Deluc, etc.,
sur la formation
des
vallées.
flancs de la montagne. Enfin, si les couches sont inclinées,
elles se présentent, avec la meme direction
et la meme inclinaison, dans les deux montagnes
opposées : en un mot, dans tous ces cas , la
stratification est exactement la même que si le
terrain avait autrefois formé un tout continu, et
que la vallée ne fût que l ’effet d’un déblai accidentel.
Lorsque la vallée est fort large , les montagnes
qui la bordent se trouvant éloignées , on
ne peut plus tirer aucune induction de l ’examen
comparatif de leur stratification : on sait combien
les couches sont sujettes à des variations dans
leur allure , même à des distances peu éloignées.
§ qi. Comment , d’après des faits si notoires
sur la stratification, M. Deluc a-t-il pu produire
et soutenir , avec tant d’opiniâtreté , l’opinion
que les couches de part et d’autre des vallées
inclinaient vers le thalweg , et qu’elles étaient
ainsi parallèles aux parois de ces vallées? Il les,regarde
comme ayant été originairement horizontales
; de nombreux affaissements qui sont survenus
ensuite , et qui ont donné naissance aux
vallées ,• en ont occasioné la rupture et l’affaissement
: la partie qui répondait immédiatement
au-dessus du thalweg s’est abaissée, tandis que
celle qui formait la crête des rameaux voisins, est
restée à sa primitive hauteur , ou s’est même élevée
au-dessus. Cette rupture et ce mouvement
de bascule seraient pareils à ceux que présenterait
une planche soutenue vers ses deux extrémités
, et rompant sous le poids d’un corps place
sur elle. J’ai bien vu , dans les Alpes calcaires des
environs de Genève , du Jura et de la Savoie, des
couches inclinées effectivement vers le milieu de
la vallée ; c’est un fait particulier qui tient peut-
être à la configuration qu’avait déjà le terrain à
l ’époque de la formation de ces couches secondaires
; mais dès qu’on entre dans le centre des
Alpes , et en général dans toutes les montagnes
primitives , on ne voit plus rien de pareil. J’ai
passé une partie de ma vie à observer ces montagnes,
et je puis assurer que presque par-tout, en
faisant abstraction des rapports de position entre
la chaîne et le plan général des couches , la stratification
y est absolument indépendante de la
direction et de la forme des vallées ; que ces
vallées y sont comme de simples solutions de
continuité , opérées après que les couches minérales
avaient pris la forme et la position qu’elles
ont aujourd’hui.
Je ne m’arrêterai pas à réfuter l’opinion de Deluc
sur la formation des vallées. Par quel miracle,
dans les Pyrénées, comme dans toute autre chaîne
régulière , les affaissements qui ont produit les
vallées transversales ont-ils été faits perpendiculairement
au faîte , et en respectant ce faîte ?
Comment, ensuite, les affaissements pour les vallées
secondaires ont-ils été faits perpendiculaire