
agit en raison de sa masse, avec des phénomènes
de même nature produits par des corps dont la
masse, c’est-à-dire le volume et la densité , nous
sont bien connus : par exemple, l’attraction qu’un
corps exerce sur un autre étant proportionnelle
a sa masse , nous n’avons qu’à comparer les effets
de la force attractive du globe avec ceux d’un
autre corps pris à sa surface.
Les montagnes isolées et d’un volume considérable
peuvent nous fournir ce terme de comparaison.
Bouguer, dans les opérations géodé-
siques qu’il fit au Pérou , s’aperçut que le Chim-
boraço déviait le fil à plomb de ses instruments
de 7 secondes ; mais cette montagne étant volcanique
, il pensa qu’elle pouvait être creuse ,
et il n’osa tirer de ce fait aucune conséquence
sur la densité du globe. En 1774, Maskeline reprit
cet objet, et il chercha à obtenir une détermination
aussi précise que possible : il fit, avec
le plus grand soin, une suite d’observations au
pied du mont Shehallien, en Ecosse, de deux
côtés opposés ; et quoique la montagne n’eût
que 63o mètres de hauteur, les observations n’en
indiquèrent pas moins une déviation de 5^,8 *
d’où Maskeline conclut que le globe a une densité
4,5 fois plus considérable que l ’eau. M. Playfair,
après un nouvel examen de la nature minéralogique
de la montagne , porte ce nombre à 4>7*
( Bibliothèque universelle. )
Cavendish a cherché à déterminer cette densité
, mais sans sortir de son cabinet, et par un
moyen très-ingénieux. Il a pris une balance de
torsion extrêmement sensible , analogue à celle
imaginée par Coulomb ; e t , en présentant de
grosses boules de plomb aux deux extrémités
du bras de cette balance , il est parvenu à déterminer
leur action attractive : il l ’a ensuite comparée
à celle de la terre ; vingt-trois expériences ,
faites avec un soin et des précautions extraordinaires
, lui ont indiqué , pour le globe, une
densité de 5,48 , celle de l ’eau étant i : les plus
grandes différences ne se sont élevées qu’à 0,07.
( Transact. phil. , 1798, )
Ces diverses déterminations semblent nous
autoriser à conclure que la densité moyenne du
globe terrestre est environ cinq fois plus grande
que celle de l ’eau , et par conséquent presque
double de celle de l'écorce minérale de la terre. Au
reste, ces premiers résultats ne doivent être
regardés que comme une simple approximation.
Qu’on se rappelle qu’on ne peut répondre
d’un angle de hauteur à deux et trois secondes
près ; et une pareille erreur dans les données
de Maskeline eût totalement changé son résultat
: et Cavendish est bien loin de donner comme
un fait positif, celui qu’il a conclu de ses expériences;
il invite les physiciens à en faire de
nouvelles.