
de Bahama , et continuent à courir dans la direction
de ce détroit, vers le N. N. E. , à-peu-près
parallèlement aux côtes des Etats-Unis d’Amérique,
jusqu’à la rencontre du grand banc de Terre-
Neuve : là, le courant est contraint de changer de
direction ; il tourne vers l’est et va jusqu’aux
Açores, où il semble se perdre dans l’Océan ; cependant
, en le suivant avec soin , on le voit
tourner vers le sud - est et puis vers le sud ,
passer à Madère, et se jeter, aux îles du cap Yert,
dans le grand courant équinoxial, où ses eaux ,
reprenant la route du golfe du Mexique , recommencent
une nouvelle révolution. M. de Hum-
bolt porte la longueur de ce trajet à 38oo lieues,
et il compte que l ’eau emploie deux ans et dix
mois à le faire. La rapidité des eaux du courant
et leur température les font distinguer dans la
masse de l ’Océan : à la sortie du canal de Bahama
, la vitesse est de neuf mille mètres par
heure , et par conséquent quatre fois plus
grande que la vitesse moyenne de la Seine à
Paris (i) ; à sept cents lieues du canal, elle n’est
diminuée que de moitié ; et M. de Humbolt porte
à trois mille mètres la moyenne, depuis le détroit
jusqu’à Terre-Neuve. A mesure que la vitesse
(i) Mariotte porte cette vitesse moyenne , entre le Pont-Royal
et le Pont-Neuf, à cent pieds par minute. ( Vo y e z ses oeuvres,
pag. 33g.) M. Prony, d’après des expériences faites avec soin, par
M. de Uhezy, au-dessous du pont deNeuilly, la porte à o,653 mètres
par seconde, ou iao pieds par minute.
diminue , la largeur augmente ; ou, plus exactement,
la vitesse diminue à mesure que la largeur
augmente : cette dernière est de i 5 lieues au canal
de Bahama , de 4-5 à la hauteur de Charles-
Town , de 8o à Terre-Neuve, et 160 aux Açores.
La température se maintient encore long-lems
au degré qu’elle avait dans le golfe du Mexique ;
près de Terre-Neuve , M. de Humbolt l ’a trouvée
de 22 7 degrés du thermomètre centigrade , tandis
que celle de la mer voisine n’était que de
17 7°. ( i ). Le courant e s t , ainsi que la plupart
des autres , bordé, en quelques endroits , de
contre-courants. Ailleurs , il présente , dit-on,
des sous-courants qui vont également en sens
contraire. Le célèbre Halley, en annonçant le
premier l’existence des sous-courants , en a cite
un grand nombre d’exemples que nous croyons
superflu de rapporter ici.
Peut-être tous les courants particuliers ne sont-
ils que des parties du grand courant équatorial
différemment déviées de leur direction , soit par
la rencontre de quelques côtes , soit par le passage
dans quelques détroits. Peut-être encore le
déversement d’une mer , ou plutôt de son trop
plein, dans une autre, a-t-il donné lieu à quelques
courants particuliers P
Lorsque les fleuves et les pluies portent dans (i)
(i) Relation historique du voyage de M. de Humbolt, tom. L