
une mer plus d’eau que l’évaporation n’eri enlève,
il doit s’établir un courant et comme un transport
des eaux de cette mer, dans une mer contiguë qui
ne serait pas dans le même cas , ou qui y serait
moins. Delàprovientle courantduBosphoreallant
de la mer Noire à la Méditerranée, et que M. An-
dreossy regarde , en quelque sorte, comme une
continuation du cours des fleuves qui traversent
cette première mer pour se rendre à la secondé.
La mer Baltique reçoit également des fleuves plus
d’eau qu’elle n’en perd par l’évaporation ; aussi
y a-t-il, dans le Sund , un courant assez fort dirigé
vers l ’Océan atlantique. Cet océan lui-même,
recevant la presque totalité des eaux de l'Europe
et de l ’Amérique, et la majeure partie de celles de
l’Afrique , est porté , dit-on , en masse , dans la
grande mer du Sud : il se verse aussi en partie
dans la Méditerranée par le détroit de Gibraltar,
où il existe continuellement un courant vers cette
mer intérieure.
Les vents exercent une action bien marquée sur
les courants de la mer : nous avons vu que c’est à
l’action des vents nlisés que M. Laplace attribuait
l ’existence même du grand courant équatorial,
et par suite celle de la plupart des autres.
Toutes les fois que le vent souffle dans une direction
opposée au courant de Babama (le G u lf
Stream) , il diminue sa largeur et augmente sa vitesse.
M. Andreossy lui a vu modifier diversement
la largeur et la vitesse du courant du Bosphore ,
selon sa force et sa direction.
§ i 3. Les principales substances que l ’on est
parvenu à retirer des eaux de la mer sont le mu-
riate de soude (sel commun) , les sulfates de magnésie,
de soude et de chaux, quelques carbonates
terreux, et quelques parties bitumineuses. Les
trois analyses suivantes donneront une idée de la
nature et de la quantité des matières salines ; la
première a été faite par Bergmann sur de l’eau
prise, à la hauteur des Canaries, en pleine mer,
à soixante brasses de profondeur (i) ; la seconde
l’a été par Murray sur de l’eau puisée dans le
golfe de Leilh, en Angleterre ; et la troisième par
M. Bouillon-Lagrange sur l ’eau de l’Océan qui
baigne les côtes de France (2).
SU B ST AN C E S .
EAU
d’àfrique
DE LA
d’angleterre.
MER
DE FRANCE;
Muriate de soude. . . . . 3,21 2,48 2,5 i
Muriate de magnésie. . . » 0,34 0,35 -
Sulfate de soude . . . . » 0,10 »
Sulfate de magnésie . . . 0,87 0,08
O
'h? 00
Sulfate de chaux. . . . . 0,10 0,09 0,02
Carbonate de chaux . . . )) o ,° i
Carbonate de magnésie. . » 0,02 1 0,02
Acide carbonique. . . . » » 0,02
T otal. . . . . 4,18 3,12 3 ,5o
1
(1) Physicalische Beschreibung der Erckugel, § 97.
(2) Annales de chimie et de physique , tom. 6.
Contenu des-
eaux de la
mer.
Salure.