
enlevant quelqu’un de leurs principes constituants
, soit en leur cédant une portion de son
oxigène : par ces opérations, il relâche et détruit
leur tissu, et il concourt ainsi à leur dégradation
et à leur décomposition ; mais comme, dans cet
effet, il est puissamment secondé par l ’eau en
vapeurs, nous renvoyons à l ’articlë suivant ce qui
y est relatif.
Quant à son action mécanique sur les roches ,
à celle qu’il exerce par le choc , lorsqu’il est en
mouvement sous forme de vent, elle est peu considérable
, et paraît se bornera enlever et emporteras
molécules très-déliées que la décomposition
a détachées de leur surface , et à occasioner la
chute de quelques rochers déjà ébranlés.
C’est sur les terrains d’alluvion, notamment
sur ceux de sable, que l ’air en mouvement produit
ses principaux effets. Le récit unanime des voyageurs
qui ont traversé les déserts de l’Afrique, de
l’Arabie, etc., nous apprend que les vents y soulèvent
des nuages de sable, les transportent au loin,
les y accumulent et en forment des montagnes.
L’histoire de l’académie(i722)fait mention d’une
grande masse de sable de 6 à 7 mètres de hauteur,
qui couvrit, en 1666 , tout un canton voisin de
Saint-Paul-de-Léon en Bretagne, et qui submergea
ce pays, si l’on peut employer ici cette expression;
cinquante-six ans après, elle s’était avancée de six
lieues dans l’intérieur des terres, et l'on apercevait
encore quelques pointes des clochers du
pays submergé. Ce sont les vents qui élèvent sur
les bords de la mer, en plusieurs endroits , ces
ceintures de collines de sable , ou dunes , dont
nous parlerons dans la seconde partie de cet ouvrage,
qui les poussent vers l’intérieur des terres,
et qui reculent ainsi, sur quelques points du
globe, les limites de la mer.
La distance à laquelle les courants d’air peuvent
emporter les sables et les matières pulvérulentes,
est.vraiment étonnante. Des navigateurs ont été
assaillis par des pluies de sable à dix et douze
lieues en mer (1). Dans les éruptions de l’Etna et
du V ésuve , les cendres volcaniques et les petits
fragments de lave ont été portés jusque sur les
côtes de la Libye, et meme sur celles de l’Asie
mineure à deux cents lieues de distance.
Les vents, en accumulant les nuages dans certains
lieux , en y produisant des ouragans et des
tempêtes , en y soulevant les flots , peuvent encore
produire , d’une manière indirecte , quelques
effets sur la surface du globe, ainsi que nous
le dirons dans la suite de ce chapitre.
§ 3q. La chaleur de l’atmosphère, ou celle qui
se fait sentir à la surface de la terre , ne paraît
devoir exercer directement qu’une bien faible
action sur les roches ; elle se borne à accélérer
(1) Histoire de Vacadémie, 1719.
Action (Je-
la chaleur..