
ÉTENDUE
PR IM IT IV E .
Formations
générales.
tiire , graduée , il est vrai, mais jamais interrompue
ou entièremen t changée.
Ces formations qui passent ainsi progressivement
et insensiblement les unes dans les autres,
sont ce que W erner nomme suite de formations.
Il donne aussi le meme nom à la série que présentent
les diverses formations d’une substance, depuis
le premier jusqu’au dernier moment de la
production des matières minérales. Nous reviendrons
sur ces suites dans le chapitre suivant.
b) Etendue des formations.
Dans l’examen des formations, nous aurons à
distinguer leur étendue primitive et leur étendue
actuelle. Sous le rapport de l’étendue primitive,
les formations sont générales ou partielles.
§ i a3. Les premières ont été produites par une
cause générale : on peut se les représenter comme
les précipités d’une dissolution universelle, c’est-
à-dire qui recouvrait tout le globe terrestre.
Mais de ce que la dissolution était générale , il
11e s’ensuit pas qu’il en ait été de même de chaque
précipité , et que chacun d’eux ait formé originairement
une couche , ou un assemblage de couches
, qui aurait enveloppé tout le globe , ainsi
que Werner paraissait l'admettre. Pendant que la
dissolution déposait une substance, ou une roche,
dans un lieu , il a très-bien pu se faire qu’elle ne
produisît point de précipité de même espèce
dans une autre contrée ; soit que les principes
composants de la roche ne se trouvassen t pas en
quantité suffisante dans cette partie de la dissolution
, soit que les causes de la précipitation n’y
aient point exercé leur action , soit enfin que
d’autres causes y aient mis obstacle. Là il se déposait
du granité , et un peu plus loin du schiste-
micacé , les éléments du mica étant, peut-être ,
en plus grande quantité dans la partie de la dissolution
qui couvrait ce dernier lieu.
Les granités, les gneiss, les phyllades, et vraisemblablement
tous les terrains primitifs , ainsi
qu’une grande partie des terrains secondaires, sont
de formation générale. L’identite dans la nature, la
structure et le gissement des diverses portions de
chacun d’eux que nous trouvons dans les différentes
parties de la terre, nous portent à le conclure.
Par exemple , lorsque dans toutes les contrées
de l ’Europe , de l’Asie , de l’Amérique , où
les observateurs ont pénétré , on trouve le meme
granité , par-tout composé de grains de feldspath,
de quartz et de mica, à-peu-près dans les>
mêmes proportions, présentant par-tout le même
aspect ; lorsque l ’on y trouve le même schiste-
micacé , également compose de quartz et de mica
, ayant par-tout la même structure , contenant
par-tout des grenats , présentant les mêmes circonstances
de gissement ; et que rien n indique
que ces divers granités et schistes-micaces soient,