
rieure s’élève au-dessus de la roche qui les entoure
, les aiguilles et les pics qui s’élèvent au-
dessus du sol qui les supporte , les montagnes
isolées dans les plaines , les rochers et même les
blocs de roche détachés qui couvrent le sol de
quelques contrées.
Dans les îles Hébrides, et en divers lieux de,
l’Ecosse et de l’Irlande , on voit sortir dun sol
tantôt granitique ou porphyrique, tantôt schisteux
, tantôt calcaire , un grand nombre de
fdons de basalte qui s’élèvent souvent à plusieurs
pieds de hauteur ; ils sont absolument semblables
à des murailles, et ils en font même l ’office,
car ils y servent habituellement de clôture aux
champs , et c’est de là qu’ils ont tire le nom de
dyke qu’ils portent dans le pays. Personne, en
les voyant, ne doutera que ces parties saillantes
de filons , restes de coulées volcaniques , n’âient
été originairement encaissées dans la roche ,
comme le sont encore les parties inferieures. Le
terrain qui entourait celles qui sont actuellement
en saillie a donc été détruit, e t le sol a baisse naguère
de toute la hauteur du dyke : je dis naguère,
car ces filons ou murs de basalte n’ont que quelques
pieds d’épaisseur , et la plupart ne sont
composés que de prismes couchés les uns sur les
sister intacts, de distance en distance , pour constater la quantité
du déblai.
autres sans ciment intermédiaire : de pareilles
constructions ne sauraient braver les siècles. Aux
environs de Schneeberg en Saxe , au milieu d’un
terrain granitique , j’ai vu un filon de quartz
s’élever à quelques mètres au-dessus du so l, et
se prolonger comme un mur à une distance considérable
: encore ici il servait de clôture. La
conclusion à tirer de ce fait et de tous ceux du
même genre, est évidente. Lorsque, dans le pays
de Deux-Ponts, M. Schreiber voyait des masses
ou filons presque verticaux de quartz, d’un ou
plusieurs mètres d’épaisseur , s’élever jusqu’à dix
mètres au-dessus de la surface du terrain, il ne
pouvait s’empêcher de conclure que « ces masses
» étaient restées debout et inaltérées, tandis que
« le schiste qui les renfermait avait été détruit et
» entraîné peu-à-peu par les eaux (1). » Les couches
présentent le même fait que les filons : à une
demi - lieue de Sorèze, sur la Montagne-Noire ,
j’ai remarqué une très-mince couche de schiste
miêacé plus quartzeuze que les autres, et qui s’élevait
comme une crête à sept et huit pieds pardessus
le dos de la montagne.
Toutes ces pyramides aiguës qui, se détachant
du corps des montagnes , s’élancent dans les
airs , toutes ces aiguilles décharnées qui hérissent
les Alpes , ne sont-elles pas des témoins éloquents
(1) Journal des mines, n° iz.