
et ses pics inclinés ne présentent plus aujourd’hui
que des traces de destruction. Dans les terrains
occupés par les volcans éteints , on voit encore
des indices d’affaissements , et particulièrement
des lacs, que l ’on présume être sur l’ancien emplacement
des cratères, ou des montagnes volcaniques
: tel est celui de Laach près l ’abbaye
de ce nom , à quelques lieues d’Andernach ; tel
est encore le petit lac parfaitement circulaire de
Paven en Auvergne.
Hors des terrains volcaniques , nous avons plusieurs
sortes de montagnes , notamment celles de
nature calcaire et gypseuse , qui renferment de
grandes cavernes et cavités ; ef il est très-naturel
de penser que les secousses des tremblements de
terre, lorsqu’elles sont fortes , peuvent occasio-
ner la rupture et l’écroulement des masses qui sont
au-dessus.
Indépendamment des affaissements provenant des cavernes
connues, ou que tout indique exister dans la croûte minérale du
globe , quelques auteurs systématiques en admettent de bien
plus considérables, dus à d’immenses cavernes supposées être
dans l’intérieur du globe, et auxquels on attribue la plupart des
inégalités de la terre et la formation des vallées ( § g i ). Mais
de pareils affaissements , comme les cavernes qui les ont occa-
sionés , nous sont inconnus; ils n’ ont point d’analogues parmi
les faits que l’observation nous a fait connaître ; ils appartiennent,
je pourrais dire, aux tems fabuleux de la géologie,
à ceux qui ont précédé l’état des choses auquel l’observation et
ses conséquences peuvent nous faire remonter.
En rapportant, au delà de cet état de choses, les grands affaissements
que je viens d’indiquer , je n’en veux pas conclure
qu’il n’y en a point eu ; et’, quoique la forme et la disposition
de la majeure partie des vallées ne permettent point de leur
attribuer l’origine de ces grands sillons, cependant, lorsque je
considère la disposition et l’aspect des montagnes qui entourent
certains lacs ou mers méditerranées ( § 22), je suis quelquefois
enclin à croire que plusieurs de ces lacs ou mers doivent leur
origine a de tels affaissements ; et si le récit de Platon sur
VAtlantide ne portait pas tout le caractère d’une simple fiction
, on pourrait le citer comme le plus considérable de ceux
que nos livres font mention. « Sur les bords de la mer Atlantique
, dit le philosophe grec, vis-à-vis le détroit des colonnes
d’Hercule , il y avait une île plus étendue que la Libye et l’ Asie
(connue des anciens) ensemble ; il arriva des tremblements de
terre et des inondations , e t , dans l’espace d'un jour et d’une
nuit, elle disparut dans la mer. »
Quant aux soulèvements produits par les agents
intérieurs de la terre, je n’en connais aucun
exemple : rien ne porte à les admettre ; je ne saurais
même les concevoir ; et cependant on leui
attribue quelquefois les plus grands effets, tels
quela formation des montagnes etle redressement
des couches : j’ai d i t , dans le paragraphe précédent
, combien peu on était fonde, relativement
au premier de ces deux effets ; je parlerai dans
la suite du second. Je remarque i c i , qu’en disant
que je ne connais aucun exemple de soulèvements,
je ne parle point de ces petits soulèvements partiels
qui ont lieu lorsque les feux souterrains se
faisant jour à travers l’ecorce minerale du globe,