
La forme des cimes , ou plutôt l’aspect des
montagnes, dépend aussi de leur hauteur: plus une
crête sera élevée, plus les découpures pourront
y être profondes.
§ 26. De même que l ’or peut regarder les cimes
comme produites par tout brusque exhaussement
du faîte, les cols seront considérés comme l ’effet
d’un abaissement notable et assez subit du même
faite.
Les cols étant ainsi les parties les plus basses
sur la ligne des sommités d’une chaîne, seront les
points de passage ou de communication entre deux
contrées séparées par cette chaîne. Malgré leur
position basse par rapport aux parties voisines,
ils ne laisseront pas que d’être quelquefois à une
hauteur absolue très-considérable; c’est ainsi que
les cols du Urenner entre Inspruck et Brixen, et
celui du Saint-Gothard, seuls passages entre l ’Allemagne
occidentale et l ’Italie, sont, l ’un à 1420,
et l ’autre à 2075 mètres au-dessus de la mer. Les
plus fréquentés, lorsqu’on va de France en Italie,
sont le grand Saint-Bernard, élevé de 25oo mè tres,
le petit Saint-Bernard ayant 2200 mè tres, le Mont-
Cenis de 2060 mètres. Dans les Pyrénées , entre
les deux routes percées à leurs exlrémités, on n’a
point de passage plus bas que le col de Puymo-
rin, aux sources de l ’Arriége , et il est encore à
1920 mètres. Dans les Andes , à l’est de.Po-
payan , le passage sur le Paramo de Guanacas a
8760 mètres ; et celui d’Assuay, entre les villes
de Quito et de Cuença, en a 4° 4‘G d’après M. de
Ilumbolt.
De part et d’autre d’un co l, on a presque toujours
une vallée sur chaque versant ; et de même
que les cimes sont, sur le faîte , les noeuds de
jonction des deux rameaux opposés, les cols y
seront les parties où se joindront, par l’extrémité
supérieure, deux vallées opposées ; le point le plus
bas du col sera commun aux deux thalwegs.
Telles sont les considérations générales que nous
avions à exposer sur les diverses parties d’une
chaîne de montagnes. Ce que nous avons dit à ce
sujet suffit pour montrer combien la connaissance
et la disposition de ces parties intéressent
non-seulement le géognoste , mais encore le géographe
occupé de la descrip tion d’un pays montagneux
; l ’ingénieur qui est chargé de tracer des
chemins dans les montagnes ; le militaire qui doit
y conduire ety disposer ses troupes, y prendre ses
points de défense , etc. Chaque chaîne, il est vrai,
présente des objets et des dispositions qui lui sont
exclusivement propres; mais le plus grand nombre
d’entre elles n’en a pas moins une esquisse à-
peu-près semblable ; et c’est cette esquisse que
nous avons essayé d’ébaucher. Elle mettra celui
qui observe ou décrit une chaîne quelconque
a même de rapporter chaque partie à sa vraie