
puits encore plus profonds aux mines de cuivre de Rohrhübel
ën Tyrol ; mais il ne donne aucun détail à ce sujet; et ces
puits, situés dans un pays élevé, ne devaient pas descendre
beaucoup au-dessous du niveau de la mer , si toutefois ils l’atteignaient.
Delius dit qu’en Hongrie on a des puits de six
cents mètres ( § 52 ); c’est également la plus grande profondeur
qu’aient jamais atteinte les travaux aux mines de Frey-
b e r g ( i) ; ceux qui y sont maintenant ouverts ne vont qu’à
4l4 mètres, et leur fond ne descend pas à plus de 3o mètres
♦ au-dessous du niveau des mers. C ’est encore à six cents mètres
(3 i2 lachter) que sont descendus les travaux les plus profonds
au Hartz; aujourd’hui, tant à Clausthal qu’à Andreasberg, ils
ne vont qu’à 5oo mètres, et ils sont tous au-dessus du niveau
de l’Océan. Ce sera ainsi dans les parages peu éloignés des côtes,
dans les houillères de l’Angleterre et de la Flandre, que nous
trouverons de plus grandes profondeurs réelles. A Wliitehaven,
dans le Cumberland, on a des travaux qui s’avancent à mille
mètres sous la mer et qui sont à plus de deux cents mètres
au-dessous de son lit. Aux minés d Anzin , près de Valenciennes
, je suis descendu à 35o mètres de profondeur, et je me
trouvais alors à plus de 3oo au-dessous ne la surface de l’Océan ;
j’y étais peut-être à la plus grande profondeur absolue que les
hommes aient atteinte. Quelques auteurs, il est vrai (x), disent
que les travaux des mines de Namur sont descendus à 700 mètres
: mais ce fait n’ést pas positif, ét rien n’indique que nous
nous soyons enfoncés sous terre à quatre cents mètres au-dessous
du niveau des mers.
Les hauteurs que nous avons atteintes , au-dessus du même
niveau, sont bien plus considérables. Saussure, sur la cime du
Mont-Blanc, la plus haute montagne de l’Europe, était à
4775 mètres d’élévation. M. de Humboldt est monté sur le
(1) lUineralogische Géographie der Chur soechishen Loende.
Chimboraço dans le Pérou, jusqu’à 5gop mètres , et personne,
du moins encore , n’a été plus haut : le sommet de cette montagne,
le plus haut point du nouveau continent, était encore à
600 mètres au-dessus de lui. Le centre de l’Asie , sur le faîte
de la chaîne qui sépare l’ Inde de la Tartarie, présente bien des
montagnes qui s’élèvent jusqu'à 7821 ou à 8187 mètres; mais
personne n'en a atteint les sommités.
Ainsi la plus grande différence de niveau parcourue par
l’homme sur la terre sera' 63oo mètres ( 5goo -j- 4° ° ) : c es^
la millième partie du rayon terrestre, lequel est de 6366700
mètres.
Mais il faut observer que le Chimboraço est un produit vol canique
superposé à la masse du globe postérieurement à sa formation,
et que la cime du Mont-Blanc est le point le plus élevé
de cette masse , que nous ayons encore reconnu. De plus, les
couches qui composent la croûte du globe étant habituellement
inclinées, la hauteur verticale à laquelle on s’élève ne
représente pas l’épaisseur de l’ensemble des couches du terrain
correspondant à l’élévation, cette épaisseur devant être prise
perpendiculairement aux couches. Nous pouvons donc pleinement
affirmer que l’ épaisseur de la partie du globe reconnue
par les minéralogistes n’est pas la millième partie du rayon terrestre.
NOTE III.
Nature de la fluidité des masses minérales.
V'idi ego. ........................................ tellus
Esse fretum. Vidi factas ex oequore terras ;
E t procul à pelago conchce jacuere marinoe.
O v i d e .
Les diverses masses et couches qui composent l’écorce minérale
du globe terrestre ont été fluides : le fait n’est pas contesté,