
la plus évidente, tout le secret de celte singulière
formation : la masse ou montagne est traversée
par des fissures verticales, se coupant presque à
angles droits, ainsi que cela a lieu dans un grand
nombre de grès. Les agents atmosphériques, pénétrant
dans ces fissures, en attaquent les parois ; le
ciment du grès se décompose, ses grains se détachent,
tombent au fond des fissures ou fentes, et
sont entraînés par les eaux qui y coulent en tems
de pluie. Peu-à-peu les fentes s’élargissent, les prismes
de roche compris entre elles diminuent de
volume, et ils finiront par disparaître entièrement.
Les nombreux monts isolés, recouverts par des
plateauxbasaltiques, qu’on voit à peu de distance
les uns des autres près de Clermont en Auvergne,
tels entré autres que le mont Gergovia, le Puy-Gi-
rou, le mont Rodeix, le mont Redon, le Puy-
d’Araigne , la serre de Saint-Amand , etc. , m’ont
présenté un des exemples les plus frappants qu’on
puisse voir du morcellement des couches minérales
et des coulées volcaniques. M. de Montlosier
avait déjà cité et fait ressortir cet exemple , et il
avait déduit toutes les conséquences qu’on peut
en tirer,relativement aux dégradations de l’ancien
sol du pays et à l’abaissement de son niveau (i).
Je ne répéterai pas les faits et les observations du
(i) Voyez l’excelient ouvrage de cet auteur, sur les volcans
d’Auvergne.
même genre que m’ont fournis les basaltes de la
Saxe ( i ) , et je terminerai par un exemple convaincant
et à la portée d’un bien grand nombre
d’observateurs.
Qu’on se transporte sur la butte de Montmartre
, et qu’on examine les coteaux qui bordent la
vallée , au nord de Paris , jusque vers Ménilmon-
tant. Par-tout où la roche est à nu , on verra des
couches de gypse , entremêlées de couches d’argile
ou de marne, s’étendre presque horizontalement
, traverser tous ces coteaux en conservant
la même épaisseur , et se raccorder avec celles de
Montmartre. La mince couche d’argile , dans laquelle
se trouve le ménilite, comprise entre deux
bancs de gypse , et formant une bande bleuâtre
au milieu de la masse blanche , par-tout où des
coupes mettent à découvert la structure du terrain,
frappera sur-tout l’observateur. Celui qui serait
le moins porté à conclure, ne pourra s’empêcher
de dire : Cette couche, comme chacune des
autres , faisait autrefois un tout continu , qui s’étendait
dans toute la contrée ; elle existait dans
l'intervalle qui sépare les coteaux ; et si elle n’y
est plus aujourd’hui, c’est qu’une cause , quelle
qu’elle soit, l ’en aura enlevée : elle ne peut s’être
enfoncée, puisque le sol des intervalles est formé
par le prolongement des bancs qui lui sont inlé-
(i) Mémoires sur les basaltes de la S a x e , pag. 55 et suiy.