
élevées du globe , y creuser des ravins , des vallées
, et concourir ainsi à donner à leur surface
l ’aspect qu elle présente. Ailleurs nous apercevrons
des agents d’une toute autre espèce , les
feux souterrains , avec les fluides et les vapeurs
auxquels ils prêtent une si terrible force : tantôt
ils percent la croûte du globe et ils y forment
des volcans ; des fleuves de matières minérales
en fusion couvrent les contrées voisines d’une
grande nappe de lave qui devient, dans la suite,
une nouvelle couche minérale ; des nuées de
cendres et des grêles de pierres y ajoutent un
nouveau produit ; ces différentes matières, s’accumulant
autour de la bouche volcanique, y élèvent
des montagnes d’une hauteur quelquefois très-
considérable : tantôt les mêmes agents, contenus
et comprimés dans les cavités souterraines, ébranlent,
durant les accès de leurs convulsions, la
surface du globe , et ils produisent des tremblements
de terre qui occasionent souvent des
fentes, des crevasses , et quelquefois des affaissements
à la superficie du sol.
Si après avoir étudié le globe à sa surface , le
géognoste descend dans son intérieur, il le trouvera
formé de l’assemblage de diverses masses
minérales : au premier aspect, ces masses lui paraîtront
comme entassées et placées pêle-mêle
sous toutes sortes de formes ; mais un examen plus
attentif lui fera voir que le désordre n’est qu’apparent,
et que les divers matériaux de l’édifice
qu’il considère sont disposés suivant un ordre
déterminé. Il verra que les grandes masses minérales,
ou roches, ont presque toujours une
forme plate , très-étendue en surface, présentant
l ’image de grands bancs , lits ou couches
superposées les unes aux autres. Il trouvera que
les unes sont homogènes, c’est-à-dire composées
d’un seul et même minéral, tandis que d’autres
le sont de plusieurs minéraux différents et différemment
disposés ; e t , encore i c i , il verra un
certain ordre, une certaine régularité dans cette
disposition qui constitue la structure des roches.
Quelques couches lui offriront une masse continue
sans aucune division au moins régulière ;
mais il verra que la plupart sont divisées, par des
fentes ou des fissures parallèles à leur surface, en
couches plus minces, et qu’elles sont ainsi stratifiées.
Il en remarquera plusieurs qui se trouvent
habituellement ensemble, qui alternent entre
elles, engrènent, en quelque sorte, les unes dans
les autres , et présentent ainsi des systèmes
bien distincts, formés sans interruption d’une
même manière et à une même époque : ce sont
autant de formations différentes. Celles dans lesquelles
une même roche domine composent un
même terrain minéralogique, et c’est l’assemblage
de ces diverses formations ou terrains qui constitue
l ’écorce minérale du globe.