
2i8 chapitre iv.
tèmes, que nous venons de rappeler, semblerait
indiquer que le siège des agents volcaniques est
comme déterminé par la matière qui sert d’aliment
aux feux souterrains, abstraction faite des
autres circonstances nécessaires à l’existence de
ces feux ; que cette matière se trouve inégalement
répartie dans ou sous la croûte minérale du globe;
que là où elle est en quantité suffisante , il se produit
un système de volcans ; et que si elle est disposée
comme le serait un immense filon , les
montagnes volcaniques se forment sur sa direction
et présentent ces sortes de traînées dont
nous avons parlé § 54- En voyant, aux environs
de Clermont, une soixantaine de volcans éteints
rangés sur une même ligne droite , et entremêlés
de montagnes volcaniques d’une époque encore
antérieure , je ne pouvais m’empêcher de dire ,
en 1804 : « Peut-être y avait-il sous terre et dans
cette direction comme un filon d’une matière qui
aurait recélé le germe de l’incendie volcanique ,
ou qui aurait été propre à lui servir d’aliment : la
cause subsistant toujours, son effet pourrait s’être
renouvelé à diverses époques. »
S E C T IO N II.
Des changements et dégradations opérés à la
surface de la terre.
Avant d’examiner les changements que peuvent
avoir produit, à la surface du globe , les agents
dont nous venons de parler, voyons ce que pouvait
être cette surface immédiatement apres sa
formation.
§ 84. Nous avons déjà conclu , dans l’introduction
, d’une suite de faits incontestables , que les
diverses couches minérales qui la constituent,
étaient une suite de précipités et de sédiments
successivement déposés les uns sur les autres. Mais
le même précipité, le même sédiment ne s est
pas toujours déposé sur tout le fond du réservoir
qui contenait le fluide , et en conservant partout
la même épaisseur. Dans des endroits , il n y
S u r fa c e d e
la t e r r e a -
p r è s sa fo r m
aura point eu de précipitation , ou bien elle aura
été moins considérable que dans d autres . de la
une première origine des inégalités que piésente
la surface du globe. Par exemple , si dans un parage
, traversé par un courant, il s’est fait un
dépôt, il est très-possible et même vraisemblable
qu’il aura été nul ou presque nul dans le milieu
ou dans le fort du courant, et qu’il se sera
amoncelé sur ses bords , là ou le fluide était en
repos ; il se sera ainsi formé une espece de vallée
bordée de deux masses de terrain, allongées,
parallèles, représentant les massifs de deux chaînes
de montagnes ou de collines. De nouveaux pie-
cipités qui viendraient par la suite a se faii e dans
le même endroit, s’ils se faisaient par-tout egalement
, se mouleraient- sur ce premier s o l, et
recouvriraient ainsi de couches successives les
a t io n .