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M É C A N I Q U E .
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1 2 6 CHAPITRE IŸ.
sement et leur éboulement; lorsque, surprise par
3a gelée , elle brise les roches qu’elle avait pénétrées.
Elle agit chimiquement lorsqu’elle dissout
certaines substances minérales à travers lesquelles
elle filtre; lorsque, répandue sous forme de vapeur
dans l’atmosphère , elle concourt à la décomposition
des roches exposées à son action.
L’eau se trouve à la surface du globe de quatre
manières différentes. i° A l'état à'eau sauvage ,
lorsqu’elle coule sur cette surface immédiatement
après y être tombée de l ’atmosphère, et sans être
contenue dans un lit ; 20 sous forme de courant
réglé, de ruisseau , rivière ou fleuve; 3° dans les
lacs ; 4° dans la mer. Examinons les effets destructeurs
qu’elle peut produire par son mouvement
, dans ses quatre manières d’être.
§ 41 - Lorsqu’elle tombe sur la terre en petite
quantité , elle l’humecle , filtre à travers les pre^
mières couches et va alimenter les sources : dans
ce mouvement elle ne peut guère produire d’effet
sensible ; mais il n’en est plus de même dans les
grandes pluies, dans les orages et les averses, ou
dans les fontes considérables de neige ; alors on
voit les eaux couler de tous côtés sur le sol qui les
a reçues, entraîner la terre végétale , les terrains
meubles et la surface décomposée des roches.
Un seul orage a quelquefois suffi pour dévaster
toute une contrée , pour’dépouiller et mettre à
nu le noyau d’une montagne dont la surface était
ACTION DE L ’EAU SUR LA SURE. DU GLOBE. 12 7
couverte de plantations quelques heures auparavant.
Les Mémoires de l’académie de Stockholm
(1747) rapportent qu’en 174° une P^u*e
d’orage qui dura huit heures, fut si forte , qu elle
délaya et entraîna plusieurs collines de W erme-
land : une haute montagne appelée Lidscheere se
fenditen plusieurs endroits, s’écroula, et ses fragments
emportes par les eaux couvrirent les
champs voisins.
Les eaux sauvages, en se réunissant sous forme
de ravines , dans les sinuosités que le terrain présente
, y creusent fréquemment de profonds sillons
; elles y forment ou élargissent des ravins ,
sapent la base sur laquelle reposent d’énormes
rochers , en occasionent la chute , entraînent des
pierres d’un volume considérable , quelquefois
même de gros quartiers de roche. Bouguer a vu
au Pérou , dans une éruption du Cotopaxi, une
ravine, produite par une fonte subite des neiges
qui couvraient la cime de ce volcan, occasioner
de terribles ravages, quoiqu’elle ne fit en quelque
sorte que traverser le terrain sur lequel elle
passa. En des endroits où elle ne séjourna pas
plus d’une minute, « il y eut des pierres très-pe-
» santés, de plus de 10 à 12 pieds de diamètre,
» qu’elle changea de place et qui furent trans-
» portées à i4 ou i 5 toises de distance sur un
» terrain presque horizontal (1). »
.(1) Bouguer, de la Figure de la terre, p. lxix