
2121 CHAPITRE IV.
d’ailleurs la cause , attaque et fond les substances
minérales qui sont dans sa sphère d’activité ; elles
restent, ainsi fondues , dans les cavités volcaniques
, jusqu’à ce qu’un nouvel agent les pousse
ou les porte dans une montagne volcanique , et
les verse au dehors.
Mais il est bien possible que ces substances ,
ou plutôt leurs éléments , repris et remaniés par
les agents volcaniques , forment de nouvelles
combinaisons, et ne reparaissent à la surface du
globe qu’en constituant, des masses différentes de
celles qui existaient primitivement. Qn est fondé
à le croire en voyant la nature particulière de
plusieurs produits volcaniques ; à moins toutefois
qu’on ne crût devoir aller chercher bien
avant dans l ’intérieur du globe des minéraux
différents de ceux qui nous sont connus, dans lesquels
les volcans auraient leur foyer , et où ils
auraient pris la base de leurs produits. Ce fait est
très-possible , mais il n’exclut pas la première
opinion , qui a pour elle un grand degré de probabilité.
Je dois cependant observer qu’en parlant
delà nature particulière des produits volcaniques,,
je n’entends pas dire qu’elle soit entièrement différente
de celle des autres masses minérales : le
fond de ces deux sortes de substances est le
même ; la majeure partie des laves , tout comme
la majeure partie des roches primitives, est de
nature feldspathique.
VOLCANS. 210
§ 82. Si nous ignorons presque entièrement Causes des
quelle est la cause qui développe et qui alimente eluPtl0fl
les feux souterrains , il n’en est pas de même de
celle qui produit les déjections et les éruptions
volcaniques : tout nous porte à l’attribuer a la
réduction de l’eau en vapeurs et à la formation
des fluides gazeux.
Nous avons vu, § 54 , que tous les volcans en
activité étaient situés dans des îles ou sur les
côtes à peu de distance de la mer. Ceux que
nous trouvons dans l’intérieur des terres sont
tous éteints. Ces observations portent bien naturellement
à conclure que le voisinage de la mer
est une condition essentielle à l’existence des
volcans ; elles portent encore à penser que l’eau
marine , pénétrant dans les cavités volcaniques,
est une des causes des éruptions. On est confirmé
dans cette opinion , lorsqu’on fait attention à la
prodigieuse quantité de vapeurs aqueuses que
les volcans exhalent ; aux torrents d’eau salée
que Bergmann et d’autres auteurs disent en être
sortis ; à la qualité très-souvent muriatique des
vapeurs volcaniques; à la soude qui entre dans la
composition de la plupart des produits des volcans
; et au muriate de soude qu’on a même
trouvé dans quelques-uns d’eux. Quelques naturalistes,
Ferber (1), M. Ménard, etc., ont en outre
( 1 ) Briefe aus W e lsch lan d , p a g . 1 5 5 .