
près de cinq cent mille , et le Vésuve est le
seul volcan de l’Europe continentale. L’espaCe
que les volcans de l’Asie ont pu recouvrir de
leurs produits, n’est qu’un infiniment petit en
comparaison de l’e'tendue de ce vaste continent.
L ’Etna brûle de tems immémorial bien antérieurement
aux époques historiques : c’est un des
grands volcans qui existent, et ses laves n’ont
guère recouvert plus de cent lieues carrées : ainsi,
en le prenant pour terme moyen, on n’affaiblira
pas la supputation, lorsqu’on dira que les deux
cents volcans brûlantsn’ont pas étenduleurs effets
sur vingt mille lieues carrées , c’est-à-dire sur la
douze centième partie de la surface du globe ;
et sur cette très-petite portion, ils y ont répandu
une couche de lave et de scories, dont l’épaisseur
moyenne n’est probablement pas de cent mètres ;
ils y ont élevé deux cents cônes volcaniques qui
n’ont point, l ’un dans l’autre, deux mille mètres
de hauteur. Je ne pense pas, d’après les observations
qui me sont connues, qu’on puisse admettre
que les volcans éteints couvrent aujourd’hui de
leurs produits un espace bien plus grand ; et que
l ’espace total, occupé par les déjections et les
éruptions des volcans de toute espèce, soit la
cinq centième partie de la surface du globe.
Les monts volcaniques , tant anciens que modernes
, que nous voyons aujourd’hui, que sont-
ils encore par rapport aux autres montagnes ?
Qu’est le Vésuve par rapport aux Apennins ?
Qu’est l’Etna, avec tous ses monticules , par
rapport à la masse des Alpes ? Que sont le Mont-
Dore et le Cantal par rapport à la chaîne des Pyrénées
? Que sont le Cotopaxi, l’Antisana , le
Chimboraço , en comparaison de l’immense C01-
dilière qui les supporte ? Les Pyrénées , les Alpes
, etc. , font partie de l’écorce minérale du
globe ; ce 11e sont que des excroissances de cette
écorce ; mais l’Etna , le Mont-Dore , etc ., sont
des corps hétérogènes qui lui sont seulement
superposés.
Il est difficile de concevoir comment, d’après
des différences aussi sensibles , quelques naturalistes
, alléguant l ’analogie , ont voulu croire
que les montagnes , en général, avaient été produites
par les volcans ou par les agents intérieurs.
Ils ont cité, à l ’appui de leur opinion, tout ce que
l ’histoire nous apprend sur les montagnes et les
îles élevées par ces agents (1). Mais parce qu’en
lançant une grande quantité de fragments de
lave , de scories , de cendres , ils ont produit,
par la chute et l ’entassement de ces corps , un
tas de matières incohérentes, un mont de cendres
( monte di cinere ) qui n’a pas i 5o mètres de haut;
parce que, dans le Mexique, ils ont formé, de la
même manière, un monceau de pierres demi-fon-
(i) Voyez la note VII.