
344 CHAPITRE V.
vient plus ou moins ; c’est ainsi que , dans les1
Alpes piémon taises, à la mine d’Ussel, les couches
se dirigent vers l’est, et à celle de Planaval vers
le nord-nord-est. Dans la petite chaîne des montagnes
d Arre , en Bretagne , j’ai remarqué le
même parallélisme entre la direction des couches
et celle delà chaîne ; l’une et l’autre sont vers l’est-
nord-est. Dans Y Erzgebirge et dans le Riesenge-
birge , MM. de Buch , Raumer , Stroem (i), etc.,
ont observe le même fait et la même direction.
Dans le Jura , la direction des couches, comme
celle de la chaîne, est vers le nord-nord-est. Il
parait que dans les montagnes de la Norwége
elle est vers le nord, etc. En un mot, tous ces faits
ont fait presque établir en principe que la direction
des couches est parallèle à celle des chaînes.
Mais n’y aurait-il pas ici quelque règle plus générale
encore, notamment pour les roches primitives?
Des observations faites dans les Alpes, dans
les environs de Gènes, dans leFichtelberg, dans la
Cordilière de Venezuela, etc., portèrent M. de
Humboldt, il y aplusieurs années, à regarder comme
un fait assez général, que la direction générale
de la stratification faisait un angle d’environ 5 s0
avec le méridien. Quoiqu’il se présente des exceptions
, telle serait celle que M. de Humboldt lui-
meme a constatée au Mexique, où la direction gé(
i) Leonhard’s , Taschenbuch, etc., 1814.
nérale est de l’ouest-nord-ouest à l’est-sud-est,
comme dans les Pyrénées , il n’en est pas moins
vrai que ce fait mérite l’attention des naturalistes
; et qu’en examinant l’ensemble des observations
faites en France, en Suisse et en Allemagne
, sur les terrains primitifs, on est bien enclin
à admettre une direction assez générale de F ouest-
sud-ouest à l ’est-nord-est. Cette direction est encore
celle de la grande bande houillère qui est au
nord de la France et qui s’étend en Belgique. Ces
considérations nous portent bien naturellement
à attribuer la direction des couches a une cause
générale , qui tient à leur formation meme , et
qui est indépendante , jusqu’à un certain point,
des inégalités de la surface du globe, au moins
quant aux détails de ces inégalités.
§ i 34- Les considérations sur l’inclinaison des
couches nous conduiront au même résultat.
Dans les terrains secondaires , même anciens ,
cette inclinaison pourrait bien etre en quelque
rapport avec la forme du sol. C est ainsi que
Saussure, résumant l’ensemble de ses observations
sur le Jura , y voyait les couches monter sur un
versant, se courber vers le faite et descendre en
suivant à-peu-près la pente de l’autre versant.
Les couches de houille , d’après M. Duhamel ,
suivent les lois de l’inclinaison que leur prescrit
le sol primitif sur lequel elles se sont moulees.
Mais il n’en est plus de même dans les terrains
Inclinaisons
des couches.