
Structure
amygdaloïde.
solution d’alun , et il en fit une bouillie qu’il
plaça dans un lieu tranquille; au bout de quelque
te ms , il y trouva des cristaux d’alun d un volume
assez considérable : l ’affinité des molécules
alumineuses avait ete assez forte pour les rapprocher
et les réunir en cristaux, malgré la résistance
que la ténacité de la pâte opposait à cette
réunion.
D après ce mode de formation, ou peut déjà
entrevoir que le plus souvent les cristaux des
loches porphyriques ne seront qu’une réunion
des molécules qui dominent dans la pâte , c’est-
à-dire qu’ils seront de même nature qu’elle.
Ils en seront habituellement la partie la plus pure;
car les molécules qui , en cédant à la force de
cristallisation, se seront séparées du reste de la
masse, y auront abandonne, en très-grande partie,
les impuretés dont elles étaient souillées.
Souvent les cristaux sont si imparfaits qu’ils ne
paraissent que comme de simples taches au milieu
de la pâte. D’autres fois la force d’affinité,
qui réunit les molécules similaires , au lieu d’en
former des corps polyédriques , n’a produit que
des masses globuleuses plus ou moins grosses et
plus ou moins détachées de la pâte environnante,
comme dans les variolites. Nous verrons des
exemples de ces divers càs en traitant des porphyres
et des laves.
§ io5. Les roches à structure amygdaloïde ne
présentent plus, comme les porphyres ou les va-
riolites , au milieu d’une masse principale, des
cristaux plus ou moins parfaits , formés en
meme tems qu’elle ; mais seulement des noyaux,
noeuds ou glandes , le plus souvent sphériques ,
mais souvent aussi allongés , contournés , quoique
toujours arrondis à la surface. Ils se sont
vraisemblablement formés , par suite d’infiltrations
long-tems répétées, dans des cavités de même
forme qui existaient au milieu de la roche après
son passage à l’état solide : ils sont ainsi de formation
postérieure à celle de la masse.
Yoici comment on peut concevoir ce mode de
formation. Pendant que la roche était encore
molle ou fluide , soit que la fluidité fût aqueuse,
soit qu’elle fût ignée, il s’y sera produit ou dégagé
quelques gaz dont les bulles , retenues dans la
masse par suite de sa viscosité, y auront formé
des cavités tantôt sphériques , tantôt allongées
ou sinueuses , et présentant toujours des parois
arrondies et lisses. Les eaux qui pénètrent et filtrent
à travers plusieurs masses minérales , auront
aussi pénétré dans ces roches;elles s’y seront
chargées de quelques-unes des substances qu’elles
pouvaient dissoudre , soit directement, soit à
1 aide de quelque intermédiaire , et elles les auront
déposées, en tout ou en partie, sur les parois
des cavités dans lesquelles elles passaient : de là
un premier dépôt, une première incrustation