
petits cristaux de ce minerai : les parties pyri-
teuses qui étaient dans le tas , s’étaient décomposées
; il en était résullé de l ’acide sulfurique y
lequel se portant sur la chaux existant dans ce
même tas, avait formé ces cristaux. Ceux que l’on
trouve fréquemment dans les terrains de transr
p o r t , n’ont pas une origine différente : j’en dirai
autant du sulfate qui existe, en parties imperceptibles
, dans un très-grand nombre -de ces terrains
, et qui donne la qualité séléniteuse aux
eaux des puits qu’on y creuse.
3° Des minéraux même sur lesquels l’eau ne
nous paraît avoir aucune action , ont été et sont
encore formés par son intermédiaire : tel est
entre autres le quartz. J’ai vu , sur des fragments
d’un bois fossile peu altéré , brun noirâtre , de
jolies rosettes de cristaux de quartz bien prononcées
, ayant six à sept lignes de long, et dont la
surface portait comme un enduit ealcédonieux :
voilà incontestablement une formation de quartz
cristallin bien récente ; car, je le répète , les bois
qui portaient les cristaux, étaient plutôt un bois
demi-pouri, qu’un vrai lignite. Je citerai encore
comme exemple des formations quartzeuses récentes,
quelque extraordinaire qu’il me paraisse,
celui d’un silex d’environ neuf pouces de long et
quatre de large, trouvé en 1812, en bêchant un jardin,
qui, étant cassé, présentait, dans une cavité
cylindrique, une vingtaine de petites pièces d’ar-
ACTION DE l ’e a u SUR LA SURF, DU GLOBE. 15 <]
g ent, dont les plus anciennes n’étaient que du
seizième siècle (1). Les eaux des Geysers en
Islande ( voy. § 17 et 71 ) produisent des concrétions
siliceuses exactement semblables aux concrétions
calcaires «dont nous avons parlé.
m Les globules de pyrites, à rayons divergents
et terminés quelquefois en cristaux a leur extrémité,
que l ’on trouve fréquemment dans les tourbières
, et dans des terrains aussi nouveaux, sont
un témoin irrécusable des formations métalliques
opérées de nos jours par l ’action de l’eau. 5° Je ne parlerai pas ici des minerais de fer
limoneux qui se produisent encore journellement
dans plusieurs de nos marais ; ni des sels qui se
trouvent et peut-être même qui se forment dans
les steps de la Sibérie, dans les déserts de l’Arabie,
etc. : nous traiterons de cet objet au chapitre
des terrains de transport, dans la seconde partie.
Je n’ai voulu donner ici que des exemples de
formations produites , pour ainsi dire , en notre
présence, par les eaux. Car, d’ailleurs, personne
ne doute que les pierres calcaires contenant des
coquilles , les couches marneuses portant des
empreintes de poissons , les couches de houille
remplies de-plantes aquatiques , etc.’, n’aient été
formées dans leur sein (voyez note III ).
§ 53. L’intérieur des mers étant entièrement Formations
dans les
(1) Journal des mines, n° 23.
mers.