
P o s i t io n des
fo y e r s v o l c
a n iq u e s .
§ 83. Ou donc le foyer de cette force qui développe
les fluides élastiques , et qui produit de
si grands phénomènes, est-il placé ? A quelle profondeur
se trouve-t-il ? Encore ic i , à peine aurons
nous assez de données pour hasarder une
conjecture.
La tres-grande distance à laquelle se propagent
les tremblements de terre , porterait quelquefois
a penser qu’il existe sous la croûte minérale du
globe , et a une grande profondeur, d’immenses
espaces vides offrant des moyens de communication
en tous sens ; ce qui semblerait donner quelque
probabilité à l ’opinion de Deluc et de Dolo-
mieu. Ces savants regardaient notre globe comme
creux , et rempli d’unè sorte de vase ou fluide
tres-épais sur lequel reposent nos continents :
lorsque cette matière , par suite de quelque fermentation
, éprouve un mouvement d'intumescence
, elle brise et perce la croûte solide , elle
d o n n e r u n e id é e d e l ’ effet p r o d u i t p a r l ’ e a u e n t r a n t d an s un b a s s in
r em p li d e m a t iè r e s em b ra s é e s . U n h a u t fo u rn e a u à f e r , c o n te n a n t
e n v iro n s o ix a n t e m è t r e s c u b e s d e m é ta l e t d e p ie r r e s fo n d u e s o u
en in c a n d e s c e n s e , fu t e n to u r é p a r u ne in o n d a t io n : à l ’ in s ta n t o ù
l ’ e a u p a r v in t d an s le c r e u s e t , i l s ’ é le v a v e r t i c a lem e n t , à p lu s
d e c in q u a n te m è t re s d e h a u t , e t à t r o is r e p r i s e s , d e s c o lo n n e s d e
fe u d e l ’ é c la t le p lu s v i f ; c ’ é ta ie n t le s m a t iè r e s en fu s io n . L ’ e x p lo s
io n le s d isp e r s a t e l lem e n t , q u ’ on n ’ en t r o u v a p a s d e v e s t ig e s a u p
r è s d e la fo n d e r ie : a u m om en t o ù e lle se f i t , to u t c e q u i é ta i t
d an s le v o is in a g e fu t fo r tem e n t é b r a n lé ; le fo u rn e a u fu t e n su ite
t ro u v é v i d e , m a is san s a u c u n d om m a g e .
se répand au dehors, et prend feu dès qu’elle
est en contact avec l’air. Mais cette hypothèse ,
en expliquant peut-être un fait, est en opposition
avec tous les autres ; elle est d’ailleurs hors des
limites de toute vraisemblance : ce 11’est pas par
nos petits cratères , mais bien par d’énormes
fentes qu’un globe entier de matière fluide s’extravaserait
; ce n’est pas par l ’émission de quelques
petits courants de lave que l’équilibre serait
rétabli, etc.
Tous les phénomènes d’un volcan, ou d’un
système de volcans , indiquent que la cause qui
les produit a un foyer local. Par conséquent, les
cavernes volcaniques doivent se trouver dans la
région même du système , mais elles y seront
souvent à une bien grande profondeur ; et il faut
bien qu’il en soit ainsi, afin que leurs voûtes aient
assez d’épaisseur pour résister à la pression d’une
force élastique qui élève et qui supporte une colonne
de lave de plusieurs milliers de mètres de
hauteur.
Cependant, quelques faits , tels que le défaut
de communication souterraine, que nous avons vu
exister entre des volcans peu éloignés, par exemple
, entre l’Etna et le Yésuve , entre celui-ci et
la Solfatare de Pouzzol, semblent devoir restreindre,
sinon la profondeur, du moins l’etendue
des cavernes volcaniques..
La disposition des volcans par groupes ou sys