
Sortie
et marche
des laves.
l’effet d’une forte ébullition (1). Cet intéressant
détail fait évidemment voir que l’ascension de la
lave , ses explosions et ses jets ne sont qu’un effet
de la production et du dégagement de fluides
élastiques.
§ 63. Quelque prodigieuse que soit la force de
ces fluides , elle l’est rarement assez j dans les
grands volcans, pour élevçr la lave jusqu’à leur
cime, ou plutôt les flancs de la montagne n offrent
pas, à cette longue et pesante colonne de
pierres fondues, une résistance suffisante pour la
contenir ; elle presse ou fond les parois qui l ’entourent,
et elle se fait ainsi une ouverture par ou
elle sort avec une rapidité extraordinaire ; sa surface
est alors nette , incandescente , et pareille à
celle d’un métal ou d’un verre fondu. A aucune des
époques qui nous sont connues, le pic de Ténériffe
et les grands volcans d’Amérique n’ont versé
de lave par leur cratère ; et sur dix éruptions de
l’Etna, neuf se font par le flanc de la montagne.
Mais il n’en est pas de même du Yésuve et des
volcans encore plus petits : habituellement, la
lave en sort en débordant par-dessus le cratère,
et couverte de scories qui nagent à sa surface ;
sa couleur est d’un rouge brun , et son mouvement
se fait avec lenteur.
En descendant le long des flancs de la montagne
, les courants se creusent un lit dans les
Spallanzani, Votages dans les Deux-Siciles, ch. V t ll et X.
sables qu’ils traversent ; ils entraînent une partie
des scories qui se trouvent sur leur passage. Arrivés
au pied, leur vitesse se ralentit, ils s’étendent
en largeur ou se divisent en plusieurs branches ,
suivant la nature et la pente du terrain sur lequel
ils coulent.
D’après les observations de Dolomieu, leur
mouvement progressif se fait de deux manières ;
tantôt la matière qui les constitue se roule sur
elle-même , ce qui est au-dessus passant successivement
au-dessous ; tantôt elle coule, comme
sous un pont, sous une surface déjà figée. S i ,
dans ce dernier cas, la source tarit, et que la lave
fluide continue à descendre , l ’espace recouvert
par cette surface ou cette voûte présentera l ’image
d’une longue galerie : plus souvent encore , la
matière, au lieu de tarir, augmente ; alors le courant
s’enfle, il soulève la voûte , il la brise et en
emporte les débris.
Quelquefois les courants cheminent tranquillement
en conservant une surface unie , sur
laquelle on ne voit que de la fumée et quelques
jets de flammes ; mais le plus souvent ils bouillonnent
en s’avançant et lancent des éclaboussures
de tous côtés ; leur surface se tuméfie , se
couvre de grandes et nombreuses boursouflures ;
ailleurs, de petits tourbillons y produisent des
dépressions en entonnoir : si elle vient à se figer,
dans cet état, elle forme une de ces croûtes
1.