
est en général bien plus incliné que celui qui regarde
l’intérieur du continent.
Cette différence d’inclinaison a frappé les observateurs,
et ils ont cherché la loi à laquelle elle
pouvait être soumise. En rassemblant les observations
faites à cet égard, Bergmann a conclu que ,
dans les chaînes dirigées du nord au sud , le
versant occidental était le plus abrupte , et que
c’était le versant méridional, dans les chaînes dirigées
de l’est à l’ouest (i) : mais cette règle présente
bien des exceptions ; les Vosges et les montagnes
voisines nous en ont déjà fourni une.
M. Andreossy, dans des observations sur la topographie
de la France méridionale , qui le conduisent
à une détermination raisonnée de l’emplacement
du canal de Languedoc , et qu’il a consignées
dans son bel ouvrage sur ce canal (tom. i ,
p. 3i), M. Andreossy, dis-je, remarque que toutes
les fois qu’une chaîne de montagnes se trouve sur
un plan de pente , tels sont le Jura, les Vosges,
les Cevennes, situés sur le plan de pente qui descend
des Alpes à l ’Océan , le versant tourné vers
la partie supérieure du plan est le plus abrupte ;
il le nomme contre-pente, par opposition à l’autre
versant qui, étant incliné dans le sens de la pente
générale du terrain, porte le simple nom de. pente.
(i) Voyez uu mémoire de Kirwan, à ce sujet, dans la Biblia-
tîièque britannique , tom. 16.
Les observations de Saussure sur les Alpes rentrent
dans ce fait général. « Les chaînes inté-
» rieures , dit ce savant, tournent le dos à la par-
» tie extérieure des Alpes, et présentent leur es-
» carpement à la chaîne centrale. » Apres avoir
remarqué qu’il se présente cependant quelques
exceptions , ce judicieux observateur ajoute :
« Mais il suffit que la structure de la plus grande
» partie des montagnes soit conforme à cette loi,
» pour qu’elle mérite l’attention des géologues ; et
» nous en verrons dans la suite des confirmations
» trcs-nombreuses (§ 282). » MM. Dupuis-Torcy
et Brisson , dans leur mode entièrement géométrique
, et aussi ingénieux qu’exact, de considérer
les inégalités de la terre, ont été conduits au meme
principe, qu’ils expriment en disant : « Entre les
» pentes d’un même ordre , rapportées à une
» même pente générale , les pentes inverses sont
» ordinairement les plus cour Les (1). «
Saussure remarque encore (§ 281 ) que dans
les montagnes formées de couches inclinées, la
pente la plus douce est ordinairement celle qui
est dans le sens de l’inclinaison. J’ai vu fréquemment
la confirmation de ce fait.
Le même observateur avait encore observé que
les montagnes qui entourent le lac de Genève ont
leur escarpement, c’est-à-dire leur versant le
(1) Journal de l'E co le polytechnique, tom. 7, pag. a66.