
deux chaînes , qui par conséquent augmenteraient
en volume, mais en conservant leur forme
et leur parallélisme à la vallée qui les sépare.
Les mouvements et l’agitation des eaux , après
avoir été une première cause d’inégalité sur la
surface de la terre en auront été quelquefois encore
une seconde ; ils auront attaqué et dégradé
les précipités qui venaient de se faire , ils en auront
enlevé la matière dans un endroit, et l’auront
entassée dans un autre. Buffon s’est certainement
exagéré l’effet des courants , lorsqu’il a
dit : « Les courants coulent dans la mer comme
» les fleuves sur la terre , et ils y produisent des
» effets semblables : ils forment leur l i t , ils don-
» nent aux éminences entre lesquelles ils cou-'
» lent, une figure régulière et dontles angles sont
» correspondants : ce sont, en un mot, ces cou-
rants qui ont creusé nos vallées, figuré nos
» montagnes, et donné à la surface de notre terre,
» lorsqu’elle était sous l’eau de la mer , la forme
33 qu’elle conserve encore aujourd’hui (i). 3> Mais
il n’est pas moins vrai que ces immenses fleuves
marins doivent avoir produit sur le sol qu’ils atteignent
des effets proportionnés à leur masse et
à leur vitesse; il n’est pas moins vrai que des courants
qui déplacent des bancs de sable, qui sapent
des roches et qui ouvrent des détroits (§ 44) ?
(i) Buffon , éd. in~4°, pag. 456.
DÉGRADATION d e l a s u r f . DU GLOBE. 2 2 1
peuvent transporter des matières qui viennent de
se déposer sur le fond de la mer , peuvent sillonner
un sol encore sans consistance , et y creuseï
une vallée sous-marine.
Ainsi, au sortir du sein des eaux, la surface de
la terre était déjà couverte d’inégalités : elles
étaient tantôt comme d’immenses ondulations ,
formant de longues bandes d’un terrain élevé et
offrant deux pentes légèrement inclinées vers des
mers opposées ; tantôt, semblables à de grandes
rides rapprochées et parallèles , elles comprenaient
entre elles de grandes vallées primitives.
Dès que cette surface se trouva à découvert,
elle fut attaquée par les agents dont nous avons
parlé , chap. II et V , et dont l ’action se joignit à
celle de la pesanteur, pour y produire de nouveaux
changements et de nouvelles inégalités. La
pesanteur fit tomber et crouler ce qui n’était pas
assez soutenu ; l ’action érosive des éléments atmosphériques
corroda et sillonna le sol déjà existant
; les volcans le couvrirent de nouvelles émD
nences, les tremblements de terre l’ébranlèrent,
le crevassèrent, et son aspect fut encore changé.
Nous allons examiner les effets produits par chacun
des agents que nous venons d’indiquer.
A r t . I er. jEffets de la pesanteur.
§ 85. La pesanteur, cette force universelle
qui agit sans cesse sur toutes les parties de la ma-
A ffa is s e m
e n t s , fen t
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le r a e n t s .