
Plaines ordinaires.
groupes s’étendent presque autant en largeur
qu’en longueur : on n’y voit rien de constant dans
la direction ; il n’y a plus de faîte général ; ce n’est
qu’une surface mamelonnée : ce sont les dernières
ondulations d’un pays montueux , celles par lesquelles
il se perd dans les plaines.
Art. 3. Des plaines.
§ 32. Les plaines , en prenant ce mot dans une
acception étendue , ne présentent pas par-tout
une surface entièrement plane ; quelques-unes de
leurs parties sont plus ou moins ondulées ; et lorsque
ces ondulations sont fortes, elles forment
des coteaux et des rideaux souvent assez considérables
pour donner au pays qui les présente un
aspect légèrement montueux. Quelquefois elles se
prolongent à de grandes distances, et présentent
ainsi, au milieu d’un pays plat, des arêtes de plusieurs
lieues de longueur, qui font ordinairement
partie de la ligne de séparation entre deux bassins
de rivières limitrophes.
De plus, les fleuvesetles rivières qui traversent
les plaines , y occupent des lits ou espaces , plus
ou moins profonds el plus ou moins larges, qui en
interrompent la continuité. Ils forment au milieu
d’elles , comme d’autres plaines , d’un niveau peu
inférieur aux premières*, ayant ordinairement
peu d’étendue en largeur, et renfermant l’encaissement
du fleuve vers leur milieu. Ces plaines
basses, ces vallées des plaines , si on peut s’exprimer
ainsi, sont habituellement les parties les plus
fertiles et les plus peuplées du pays : c’est principalement
sur leur sol que s’établissent les villes et
les villages.
Aux vallées ou encaissements des fleuves, aboutissent
ceux des rivières; à ceux-ci se joignent les
vallons des ruisseaux ; les berges des uns et des
autres présentent des échancrures en forme de
gorges qui vont se perdre dans la plaine souvent
en se ramifiant. Lorsque ces diverses excavations
( vallées , vallons , gorges ) se multiplient, elles
découpent le sol, le rendent inégal, mamelonné,
et finissent assez souvent par en faire un pays de
collines, ainsi qu’on le voit aux environs de Paris.
§ 33. Les plaines proprement dites n’appar- De/ie^egne*
tiennent guère qu’aux régions basses de nos con- Plateaux,
tinents : le peu qu’on en voit dans les régions élevées
n’y sont, en quelque sorte , que de larges
vallées : telles sont celles de la Bavière , par
exemple. Cependant nous avons vu (§ 21 et 27)
qu’à de très-grandes hauteurs , sur le faîte même
de hautes chaînes de montagnes, on trouve de
grandes surfaces planes et horizontales ; ce sont
bien des plaines en stricte rigueur ; mais afin de
mettre plus de précision dans le langage, on les
désigne sous le nom de plateaux, et on laisse celui
de plaines aux terrains plats situés au pied des
chaînes | ou à une petite élévation.