
détruisit le village de ce nom , lors du tremblement
de terre de 1797 , elle contient un principe
combustible qui la rend noirâtre, tachante , et
qui y est en si grande quantité que les habitants se
servent de ce moya comme d’une terre tourbeuse
pour leur chauffage : nous ferons connaître, dans
la suite , la composition de cette singulière substance.
Très-souvent les eaux boueuses sortant
des cavernes souterraines, amènent avec elles une
grande quantité de petits poissons : ce sont des
espèces de pimelodes (pimoledes cyclopum, Hum-
boldt), gluants, et dont les plus grands n’ont pas
plus de quatre pouces : leur nombre est quelquefois
si considérable, que leur putréfaction occa-
sione des maladies dans le pays. Ils sont d’ailleurs
les mêmes que ceux qui vivent dans les ruisseaux
de la contrée. Qu’est-ce qui les a introduits dans
les lacs volcaniques ? Il paraît qu’il y a quelques
communications entre le niveau supérieur de ces
lacs , et la superficie du sol extérieur. Mais qui a
pu les élever du niveau de cette superficie à la
cime des volcans , c’est-à-dire , à deux ou trois
mille mètres de hauteur, car ils sortent quelquefois
par le cratère , et ils en sortent très-peu endommagés
? Il est bien difficile de le concevoir.
D’après tout ce qui vient d’être dit dans ce paragraphe,
il ne paraît pas que les eaux et les boues
qui sortent des volcans, viennent de ces mêmes
cavernes , enfoncées sous terre , où les feux volcaniques
ont leur foyer et préparent la matière
des lavés : les éruptions aqueuses et boueuses ne
seraient donc que des accessoires aux phénomènes
volcaniques.
§ 70. Les déjections de boue, d’eau et de gaz que la sur—
lace de la terre présente en quelques endroits, seront plus accessoires
encore à ces phénomènes ; elles leur sont même étrangères.
Cependant, comme elles sont un effet des agents qui
exercent une action dans l’intérieur de la terre, nous allons en
dire quelques mots.
Dans quelques contrées, on voit sortir du sol des jets d’eau
poussés par des gaz et chargés de terre, laquelle, en se déposant
sous forme de boue, dans les environs , et principalement
autour des ouvertures qui l’ont vomie, y forme des cônes qui
rappellent, sur une échelle extrêmement petite il est vrai,
l’idée des cônes volcaniques, et que l’on a en conséquence
nommés volcans d ’air.
Un des plus remarquables est celui de Macalouba, en Sicile,
dont Dolomieu nous a donné la description. Il consiste en
un monticule ou énorme tas de boue desséchée d’une cinquantaine
de mètres de haut. Sa partie supérieure, qui a huit cents
mètres de circuit, présente une multitude de petits cônes dont
les plus grands n’ont pas un mètre; ils ont un petit cratère plein
d’une argile délayée, qui est, de moment en moment, traversée
par de grosses bulles de gaz , lesquelles, crevant avec
explosion, la rejettent de droite et de gauche. On a vu ces explosions
porter des jets de boue jusqu’à une soixantaine de
mètres de hauteur.
Les environs de Modène présentent un grand nombre de
ces petits volcans de boue ; leur hauteur n’est que de quelques
pieds ; ils portent le nom de salses, à cause de la salure de l’eau
qu’ils répandent, salure qui a été reconnue aussi à Macalouba
Petits volcans
d’air
et de boue.
Salses.