
minerai, telles que les calcaires, présentent aussi
quelquefois une structure globuleuse pareille à
celles dont nous venons de parler. Le plus exact
et le plus judicieux des observateurs en a consigné,
dans ses ouvrages, un exemple extrêmement
remarquable, pris des environs d’Hières, en Provence
; c’est un grand rocher, et même une montagne
entière composée de boules de spath calcaire.
« En montant à sa cime, dit Saussure (i) , je re-
» marquai, dans le roc calcaire , un hémisphère
« de quinze a dix-huit pouces de diamètre , com-
» posé en entier de spath calcaire disposé par
» couches concentriques , et chacune de ces cou-
» ches formée par un assemblage d’aiguilles con-
51 vergentes vers le centre de la masse. Je crus
» d abord que cela était accidentel ; mais, en
» continuant de monter , je vis , avec bien de la
« surprise , que toute la montagne , jusqu’à sa
» cime , est composée de boules de spath dont
» la structure est à-peu-près la même. Leur
» volume diffère ; les plus grandes ont deux ou
» trois pieds de diamètre ; les plus petites ,
» deux à trois pouces. On en voit ainsi d’une
» forme allongée ; mais toujours les couches
» sont concentriques , et composées de par-
00 § x47®' Ma prédilection pour Saussure, comme observateur,
logicien et écrivain , me portera souvent à citer textuellement plusieurs
passages de ses ouvrages : on ne saurait mieux voir, mieux
raisonner, et écrire avec plus de clarté.
» tics convergentes au centre, ou à l ’axe de la
» masse. Quelquefois aussi, ces couches, quoi-
» que concentriques, sont ondoyantes ou feston-
j> nées. Souvent, ces boules, grandes et petites,'
» s’entremêlent et se groupent sous des formes
j) bizarres ; et cependant, l’ensemble de ces
» boules est disposé par couches assez régulières
» et peu inclinées. La substance du spath qui
» forme les boules, est jaune de miel, ou blanc
» jaunâtre, translucide , et son grain est tres-
» brillant. Les interstices des boules sont rem-
» plis d’une matière moins dure , souvent caver-
» neuse , et d’un tissu plus grossier, mais dont
» la nature est essentiellement la même. » Voila,
sur la plus grande échelle qui me soit connue ,
toutes les circonstances des formations globuleuses
que nous présentent si souvent plusieurs
substances minérales homogènes.
Nous pouvons nous faire une idée de la maniéré
dont ces formations peuvent se produire , en jetant
les yeux sur des faits qui se passent journellement
dans nos laboratoires, ainsi que dans ceux ou
la nature produit encore. Lorsque, dans les verreries
, on laisse refroidir lentement la masse vitreuse
en fusion, elle se forme souvent en groupes
de globules , à rayons divergents coupés'par
des couches concentriques, et qui se pénè trent les
uns les autres : ce sont les cristallites observées
par M. Fleuriau de Belle vue. MM. Hall et Watt,