
par des faites de quelques mètres d’élévation seulement : la
Meuse et le Rhin > en Hollaude, en fournissent un exemple.
La considération des cours d’eau , vus sur une carte , peut
bien faire connaître l’élévation respective de deux de leurs points,
c’est-à-dire indiquer que l’un est plus élevé que l’autre; mais elle
ne saurait rien apprendre sur leur élévation absolue , et encore
moins sur celle des points non situés sur ces cours d’eau. En
conséquence, toutes les cartes faites dans le cabinet, d’après des
inductions de ce genre , ne peuvent que donner une fausse
idée du terrain et de ses inégalités : celles-ci sont soumises à trop
peu de règles, lesquelles sont elles-mêmes sujettes à trop d’exceptions
pour que leur connaissance puisse jamais être donnée
autrement que par l’observation directe.
Je remarquerai que les cartes de géographie faites sur une
échelle de moins de ■> ne sauraient représenter ces inégalités
avec exactitude : les montagnes qu’on y marque, annoncent
seulement qu’il existe de pareilles inégalités, mais sans
pouvoir faire connaître la vraie disposition et la ramification de
leurs parties. Cette connaissance ne peut être donnée que par des
cartes dressées sur une plus grande échelle, c’est-à-dire par des
cartes de topographie : à cet effet, elles doivent représenter exactement
les faîtes des montagnes, collines et coteaux, avec toutes
leurs ramifications : des côtes, placées de distance en distance
sur ces faîtes, ainsi que sur les thalwegs intermédiaires et sur
les points saillants du terrain, en feront connaître l’élévation absolue.
Il existe, il est yrai, un moyen bien plus propre à donner
le figuré d’un terrain sur un simple plan, et d’en exprimer
les contours et le relief : c’est d’y tracer la projection des intersections
de ce terrain par une suite de plans horizontaux et
équidistans , à un mètre , ou à dix , ou à cinquante mètres au
plus les uns des autres , selon la grandeur de l’échelle du plan ,
et selon l’objet auquel on le destine. Mais ce mode, quelque parlait
qu’il soit, exigeant un tems et un travail fort grands, ne peut
être usité que pour des terrains d’une médiocre étendue , et
que pour quelque objet d’utilité spéciale , tel que le tracé d’un
canal : en faire usage pour une grande contrée, avec de simples
approximations , ou à l’aide de quelques données prises de loin
à loin, ce serait employer l’appareil scientifique et l’apparence
de l’exactitude à consacrer ou à accréditer des erreurs ; ce serait
être ainsi plus nuisible qu’utile aux progrès de nos connaissances.
S E C T I O N II.
Des inégalités du fond de la mer.
§ 35. Le fond ou lit de la mer n’est que le prolongement
de la surface des continents au-dessous
du niveau des eaux ; étant de même nature
que cette surface , il doit présenter des inégalités
semblables. Mais comme il est dérobé à notre vue,
que ce n’est que par des coups de sonde , ou
par les rochers et les bancs qui s’élèvent au-dessus
de l’eau , que nous pouvons juger de ses formes
, nos connaissances , à cet égard , ne peuvent
être que très-incomplètes : elles ne peuvent même
s’étendre qu’aux parties peu enfoncées , car la
sonde n’a pas atteint plus de deux mille mètres de
profondeur. D’après ce que nous avons dit dans
les articles précédents, on peut conclure que les
inégalités sont d’autant moins nombreuses et
moins considérables que la région qui les présente
est moins élevée ; et cela peut nous porter à penser
que le fond de la mer est, en général, bien
moins inégal que la surface des continents.
8.
Observation
générales.