
leur pourrait être la cause de ce phénomène; mais il n’enestpoint
ainsi. Je me suis souvent trouvé dans les couches de l’atmosphère
au moment où les nuages s’y formaient, et le thermomètre
n’y éprouvait aucune variation: bien plus, on voit souvent
après une nuit très-claire, le ciel se couvrir de nuages dès que
le soleil vient réchauffer la terre ; il reprend sa sérénité vers
le coucher de cet astre, et cela consécutivement pendant plusieurs
jours de suite. D’ailleurs l’effet du refroidissement,
dans une couche d’air, est de précipiter la vapeur qui y est
contenue sous forme de rosée, ainsi que nous le dirons bientôt
, mais il ne produit point de nuages. L ’état même de l’eau
dans les nuages est extrêmement problématique; et l’on a peine
à concevoir comment des vésicules dont l’enveloppe est de
l’eau et qui sont pleines de l’air au milieu duquel elles se
forment, peuvent être d’une pesanteur spécifique égale à celle
de ce même air. On ne peut pas dire que celui qui est dans leur
intérieur, étant saturé de vapeur, soit plus léger; car l’air ambiant
dans le nuage est presque touj'ours dans le même état de
saturation. Des considérations, sur l’attraction moléculaire,
ont conduit M. Laplace à Conclure qu’une lame d’eau d’une
épaisseur plus petite que le rayon de la sphère d’activité sensible
de ses molécules, éprouve une compression beaucoup
moindre qu’une pareille lame située au milieu d’une masse
considérable de ce liquide , et qu’il est naturel de penser que
sa densité est très-inférieure à celle de cette masse : après cette
observation il ajoute : « E s t- il invraisemblable de supposer
» que c’est le cas de l’enveloppe aqueuse des vapeurs vésicu-
» laires , qui par-là deviendraient plus légères et seraient dans
» un état moyen entre l’état liquide et celui de vapeurs ? » La
cause qui résout en eau les vapeurs vésiculaires nous est tout
aussi inconnue que celle qui a donné lieu à leur formation.
La hauteur à laquelle s’élèvent les nuages peut nous donner
une idée de celle qu’atteignent les vapeurs. Riccioli, qui a fait
un grand nombre de mesures trigonométriques à ce sujet, n’a
pas vu de nuages à plus de 5 mille pas ( 8000 mètres ) d’élévation.
Bouguer met au rang des plus élevés ceux qu’il a vus
passer à 7 ou 800 mètres au-dessus de Chimboraço, et qui
étaient par conséquent après de 7000 mèt. M.Gay-Lussac, se
trouvant à cette hauteur, en a vu au-dessus de lui quelques-uns
d”un petit volume qui lui paraissaient être encore à une distance
considérable. Malgré ces exemples d’une très-grande élévation,
rien n’indique que les vapeurs dépassent dix ou douze mille
métrés. Dans 1 état ordinaire des choses, les nuages sont bien
plus bas. Durant trois étés, où j’ai eu presque continuellement le
Mont-Blanc et le Mont-Rose sous les yeux, je n’ai presque jamais
vu les nuages au-dessus, et ces montagnes n’ont pas cinq mille
mètres. Leplus souvent, les nuages, le long des Alpes qui bordent
les plaines du Piémont, se tiennent à 1800 mètres de hauteur.
La quantité de pluie qui tombe en différents
lieux du globe varie considérablement suivant
les circonstances locales ; elle paraît principalement
dépendre de la température , de l’éloignement
de la mer , et de la position par
rapport aux chaînes de montagnes. M. de Hum-
bolt a cherché à exprimer l ’effet de la température
ou du climat, sur la quantité d’eau de
pluie tombée , par le tableau suivant ;
LATITUDE. TEMPÉRATURE
CORRESPONDANTE.
PLUIE ,
EN UN AN.
o ° T 90 pouces.
26 4 5 75 i 3 2 7
60 4 16
Quantité
d’eau
tombée.