
se faire d’une manière aussi parfaite, ou qu’il
s’en fût opéré plusieurs et autour de différents
centres voisins, il en serait résulté des masses
tuberculeuses et non des boules. Telle est probablement
l ’origine de la plupart des tubercules
et rognons de silex-pyromaque que l’on trouve
en si grande abondance dans les craies et dans
quelques terrains calcaires.
Enfin, nous aurons un exemple des formations
globuleuses, jusque dans les dernières époques
des productions minérales, dans le fer hydrate
en grains des terrains tertiaires et de transport.
Il s’y trouve , soit en grains isolés comme des
pois, des lentilles, etc. , soit en masses ou bancs
composés de grains sphériques à couches concentriques
, tantôt parfaits, tantôt ne présentant
qu’une première ébauche, et quelquefois même
dans une petite partie de leur pourtour seulement.
Mais ce que ces grains, évidemment formés
au milieu de la masse ferrugineuse , par suite
d’un mouvement intestin, présentent de plus remarquable
, c’est que les couches sont d’autant
plus compactes qu’elles sont plus éloignées du
centre , et que l’intérieur n’est très-souvent rempli
que d’une petite quantité d’ocre, ou même
qu’il est entièrement vide. Les géodes de la même
substance, qu’on trouve isolées dans les mêmes
terrains, et qui ont quelquefois jusqu’à un pied
de diamètre , présentent ce même fait d’une
manière encore plus surprenante, et dont l’explication
me parait bien difficile. On ne peut admettre
ici une formation pareille à celle des
géodes ou noyaux des roches amygdaloides , formées
dans des cavités préexistantes : on a bien vu
des cristaux commencer à se produire par leurs
arêtes et leurs faces extérieures, mais on ne saurait
rien concevoir de semblable dans les géodes
dont il s’agit. Les vases ferrugineuses qu’on retire
des lacs de la Suède, et que l’on exploite comme
minerais de fer, montrent, dit-on , en se desséchant
, une tendance à se former en globules à
couches concentriques. MM.Deluc etKidd ont remarqué
le même fait sur des argiles (i).
§ 120. Les différents corps globuleux dont nous
venons de parler, s’étant évidemment formés lorsque
les roches qui les présentent sont passées, en
entier ou par parties d’un assez grand volume ,
de l ’état fluide à l ’état solide , nous apprennent
que ces roches ont été déposées dans le lieu où
elles sont aujourd’hui, en entier ou par grosses
parties, et non successivement et comme molécule
par molécule. Lorsqu’auprès d IIières\une
montagne calcaire s’est formée en grosses boules,
lorsqu au milieu dessables des Landes une couche
de fer hydraté s’est toute divisée en grains , et
que celte formation ou division s’est produite
Conséquences
et remarques.
(i) Kidd’s Geolqgical essay, pag. 29»