
la brisent et la crevassent ; alors les fragments
peuvent en être déplacés , et en partie soulevés :
c est dans ce sens que je prends le récit que M. de
Humboldl nous fait du soulèvement qui eu t lieu lors
de la formation du volcan de Jorullo ( § 7 5) (i);
il y en a peut-être eu de pareils au Monte-Nuovo,
lorsqu’il s’est formé.
On regarde , en général, les tremblements de
terre comme produisant à la surface du globe
de bien plus grands changements qu’ils n’en opè-
(i) Je consigne ici ce récit : « Un terrain de trois à quatre milles
» carrés, que l’on désigné sous le nom de Malpays., se souleva en
” forme de vessie. On distingue encore aujourd’hui, dans les cou-
» ches fracturées, les limites de ce soulèvement : le Malpays, vers
» ses bords , n’a que douze mètres de hauteur au-dessus du niveau
» ancien de la plaine appelée las play as de Jorullo i mais la con-
» vexité du terrain augmente progressivement vers le centre jus-
” qu à 160 métrés d’elevation. » ( Essai politique sur la Nouvelle-
Espagne , liv. I I I , ch. 8.) Je ferai observer à ceux qui voudraient
voir ici le soulèvement d’un terrain' dans son entier, pour en tirer
des conséquences géologiques relatives aux autres terrains , qu’il
ne s’agit que d’un phénomène volcanique, et que M. deHumboldt
parle principalement des couches fracturées. Il ne dit point qu’il
s est assure, par un nivellement ou de toute autre manière, que
c est 1 ancien sol lui-même qui a pris la forme convexe j car Userait
bien possible qu’elle ne fût due qu’au produit des déjections ;
lequel naturellement doit avoir plus d’épaisseur à mesure qu’on
approche de la bouche volcanique. S’il y eût eu un soulèvement
total et manifeste , il est vraisemblable que M. d’Elhuyard , minéralogiste
distingué , qui réside au Mexique et qui a visité Jorullo
trente ans après sa formation, en aurait dit quelques mots
dans la notice qu’il a publiée à son sujet.en 1789. ( Bergbaukunde ,
tom. 2, p. 443-)
d é g r a d a t io n d e l a s u r f , d u g l o b e . 2 o 5
rent réellement. Celui de Lisbonne est un des plus
forts dont l’histoire conserve le souvenir , et les
trois quarts des églises de cette ville résistèrent a
ses secousses, et subsistent encore. Les architectes
et les physiciens croiront-ils que l’inclinaison , et
une inclinaison par l’effet d’une brusque secousse,
ait été réellement bien forte , lorsqu’elle n’a pas
porté, hors de l’aplomb des fondations, le centre
de gravité d’un mur élevé, et qu’elle n’en a pas
occasioné la chute.
On cite souvent, en preuve des bouleversements
que les tremblements de terre peuvent occasio-
ner , ceux que la Calabre éprouva en 1783. Examinons
les effets qui furent réellement produits
par des secousses , que Dolomieu met au nombre
des plus fortes que les tremblements deterresoient
capables de faire éprouver. Nous suivrons la relation
que ce géologue, témoin presque oculaire, a
donné de ce malheureux événement (1). La Calabre
ultérieure , où il eut lieu , est divisée en deux
parties | l’une est une plaine qui longe la mer, en
face de la Sicile, et qui a environ quinze lieues de
long sur sept de large : c’est un depot de sable ,
de galets, d’argile et de débris de coquilles, qui est
sans liaison ou consistance, et qui a une tres-grande
épaisseur; sur cette base meuble, est établie une
couche de terre végétale argileuse d’environ trois
(i) Mémoire suris tremblement de terre de la Calabre.