
la masse du sphéroïde terrestre , à déterminer
sa densité.
Nous avons déjà vu que la grandeur de l’aplatissement
montre qu’elle est plus grande dans
l ’intérieur que vers la surface du globe ; et plusieurs
autres phénomènes confirment ce fait.
« La précession des équinoxes et la nutation de
» l ’axe terrestre , ditM. Laplace., indiquent une
« diminution dans la densité des couches du
» sphéroïde, depuis le centre jusqu’à la surface ,
« sans cependant nous instruire de la véritable
» loi de cette diminution.... La mer est dans un
.» état stable d’équilibre, et cette stabilité cesse-
» raït d’avoir lieu si la moyenne densité de la
« mer surpassait celle de la terre. Enfin les principes
de l’hydrostatique exigent que si la terre
P a été primitivement fluide , les parties voisines
» du centre soient en même temps les plus
3> denses. »
Cette dernière assertion n’est applicable qu’aux
parties du globe qui ont été fluides en même
tems; et peut-être en est-il réellement ainsi de
tout l’intérieur. Mais dans la partie extérieure ,
dans cette mince écorce, objet des observations
du minéralogiste , et qui est formée de masses ou
couches qui étaient déjà consolidées , lorsqu’elles
ont été recouvertes d’autres masses ou couches,
celles-ci peuvent très-bien être , et elles sont
quelquefois d’une densité supérieure aux substances
qui les supportent : c’est ainsi qu’on voit
des couches de plomb sulfuré placées sur des
couches calcaires , quoique les premières pèsent
quatre fois plus que les secondes.
Au reste , il n’en est pas moins positif qu’en
somme , la densité du globe terrestre augmente
à mesure qu’on s’enfonce dans son intérieur ;
et les lois que suit la pesanteur à sa surface ,
portent M. Laplace à penser que cette augmentation
est progressive , au moins jusqu’à une
grande profondeur, à deux ou trois cents lieues,
par exemple.
Ces mêmes lois le portent encore à conclure
que les couches concentriques, dont on peut
concevoir tout le globe composé, sont à très-peu
près elliptiques et disposées symétriquement autour
du centre de gravité. « Une telle disposition,
« ajoute-t-il, ne peut exister que dans le cas où
» la terre entière a été primitivement fluide. »
En admettant que la diminution dans la densité
des couches s’étend jusqu’au centre du globe,
et qu’elle a lieu en progression arithmétique,
M. Laplace trouve que la densité moyenne du
sphéroïde est 1,55 , celle de la surface solide
étant 1. Les faits suivants indiquent un rapport un
peu plus grand.
Les physiciens ont cherché à déterminer directement
cette densité moyenne, en comparant
les phénomènes dans lesquels le globe terrestre