
En examinant les masses minérales , l ’observateur
sera étonné de la prodigieuse quantité de
débris d’animaux et de végétaux qu’elles contiennent.
Il se rappellera l’ordre dans lequel les
êtres organiques sont répandus à la surface du
globe : les uns ne sauraient vivre que dans le
sein des mers ; d’autres dans les eaux douces ;
quelques-uns ne se trouvent que dans la zone
torride ; tandis qu’il y en a qui périssent dès
qu’on les transporte hors de la zone glaciale : en
un m o t , chaque espèce paraît comme fixée dans
un élément et dans un climat qui lui est propre.
Dans les couches de la terre , tout sera déplacé :
les vestiges des animaux qui ne peuvent exister
qu’au fond de l ’Océan, se trouveront empâtés
dans les rochers qui forment la cime des montagnes
; les ossements de ceux qui ne peuvent
vivre que sous la zone torride seront enfouis
dans le sol glacé des régions polaires. Presque
par-tout, il trouvera des restes d’animaux et de
végétaux différents de ceux qui existent aujourd’hui
, et il se croira transporté dans un
nouveau monde. Tout lui indiquera que le lieu
de son habitation a éprouvé de grands changements
et de grandes révolutions ; les coquilles
marines, incrustées dans la masse des montagnes,
seront à ses yeux un témoignage irrécusable
de l’ancien séjour des mers sur nos continents ,
et de la préexistence des animaux qui habitaient
ces coquilles à celle des masses minérales qui
les renferment : il sera évident à ses yeux que
ces masses n’ont pas toujours été solides. La
figure de la terre , la forme par couches, semblables
à des sédiments, de la plupart des roches
, la nature cristalline du plus grand nombre
des minéraux qui les composent, etc., le conduiront
à une pareille conséquence, et le forceront
à conclure que la masse de ces roches , couches
, minéraux, etc., en un mot, que toute la
croûte de la terre a été primitivement fluide,
ou suspendue dans un fluide , et qu’elle s’est formée
par une suite de dépôts qui se sont successivement
placés et moules les tins sur les autres ;
que chaque couche est un de ces depots, et que,
par conséquent, les couches les plus inferieures
sont aussi les plus anciennes. — En comparant
ces diverses couches, ou les terrains qui résultent
de leur assemblage , il remarquera que les plus
anciens ne contiennent aucun vestige ou indice
d’êtres organiques , et qü’âirisi ils ont été formes
antérieurement à l’existence de ces êtres : de là
le nom de terrains primitifs : les substances qui
les composent sont en général de structure cristalline.
Ceux qui sont au-dessus, les secondaires,
renferment au contraire une grande quantité
de débris dé végétaux et d’ànimaux , notamment
de testacés : on v o i t , pârmi leurs couches , une
multitude de brèches , de poudingues, et de grès