
érosive et décomposante de l’eau. Quant à moi,
il m’est impossible d’en douter , lorsque , placé
sur une chaîne de montagnes, je considère tous
ces traits, c’est-à-dire les vallées des divers ordres
, les gorges , et que je les vois toutes , jusque
dans leurs dernières ramifications , dirigées
suivant la ligne de plus grande pente des versants
et surfaces qui les présentent (§ 2/f). Car enfin ,
les eaux sont capables de produire un pareil effet;
elles tendent à le produire, et tout est réellement
comme si elles T avaient produit.
Les inflexions et les déviations que présentent les vallées dans
leur cours et sur le plan de pente générale , ne sont point une
objection contre l’origine que nous leur attribuons: elles tiennent
à des circonstances particulières. Elles servent même à confirmer
cette origine ; car elles sont, en général, d’autant moins
nombreuses et d’autant plus petites, que le plan de pente est
plus incliné. Pour juger des causes qui peuvent produire les déviations,
représentons-nous un terrain très-incliné, et offrant
quelques légères sinuosités ; les eaux qui tomberont dessus se
rendront dans ces plis, et elles y couleront en descendant vers
le bas, et en tendant à suivre directement la ligne de plus grande
pente. Supposons qu’un d’eux, dirigé d’abord suivant Cette ligne,
vienne ensuite à en dévier : au point de déviation, la -force descen-
lionnelle del’eau se décomposera en deux forces partielles; l’une
dans le sens de la plus grande pente, et l’autre.copduira l’eau
dans le pli, au delà du poude,; en vertudc la première,. Je ffuide
tendra à vaincre l’obstacle qui s’oppose à son chemin naturel; il
le vaincra d’autant plus facilement, 1 0 que sa force sera plus considérable
, c’est-à-dire que le terrain sera plus incliné ; 20 que la
somme des obstacles à vaincre sera moins grande, c’est-à-dire que
la masse du terrain à corroder sera moins épaisse, ce qui dépendra
principalement de la profondeur du pli déviant; 3° que les
obstacles seront de nature plus facile à vaincre , c’est-à-dire
que la roche à corroder sera moins dure. Le cours très-tortueux
de plusieurs fleuves qui coulent dans de grandes plaines est
une conséquence de ces principes.
La forme des vallées , leur rétrécissement à
mesure que la quantité d’eau qu’elles charrient ou
qü’elles peuvent recevoir est moindre , leurs ramifications,
notamment à l’extrémité supérieure,
leur fréquenté et insensible disparition vers le
faîte , la correspondance remarquable entre les
angles saillants et les angles rentrants, qu’elles
présentent si fréquemment, sont encore autant
d’indicesde l’origine que nous leur avons assignée,
et autant de faits qui sont en opposition avec tout
autre mode de formation.
Il en èst de même des circonstances dé la stratification
des montagnes qui lés bordent/ Presque
toujours , lorsque ces montagnes sont très-rap-
prochéés, leurs couches, si elles sont horizontales,
se correspondent de part et d’autre ; si elles sont
verticales, et qu’elles soient dims une direction
transversale à la vallée , on voit la même couche
Sè reproduire sur un des côtés , dans le prolongement
dé la partie qui est sur le côté opposé :
cela est sur tout frappant lorsqu’une de ces couches
, plus dure que les autres , et ayant plus résisté
à la décomposition , est en saillie sur les