
Freyberg est situé sur le milieu du versant septentrional
du Erzgebirgc , à 5i° de latitude , et à 4oo mètres au-dessus
du niveau de la mer ; le climat y est très-froid , et la température
moyenne de l’année n’y excède pas 8° à q°. Mes observations
ont été faites à la fin de l’hiver de 1802 ; lé thermomètre
y était descendu à 180 au-dessous de glace , et presque
jamais il ne s’ était élevé au-dessus du point de congélation; la
terre était couverte de neige depuis quelques mois, e t , les
jours même des observations, le thermomètre marquait 3° ou 4“1
au-dessous de zéro. Je dois encore remarquer qu’aux mines
de Freyberg, on ne connaît ni fermentation, ni mouvement
intestin dans les substances minérales qui puisse y occasioner
quelque élévation particulière de température : de tous côtés
je n’y ai vu que des masses inertes et froides.
Les températures de 12 A et i 4° , à 220 et 260 mètres de
profondeur, dans la mine de Beschertglück , ont été données
par des sources considérables qui sortaient du rocher à ces
profondeurs; leur chaleur a été la même en janvier et en
mai; mais, comme les eaux venaient des parties supérieures, et
par conséquent plus froides, elles auront refroidi le canal
qui les conduisait , et indiqué une chaleur moindre que celle
qui convenait à la profondeur à laquelle elles éourdaieut : effectivement,
à 260 mètres, les eaux .stagnantes dans les galeries
indiquaient i 5°.
La mine de Kühschacht , la plus profonde de Freyberg,
descend jusqu’à 4 14^ mètres , et le fond en est à une trentaine de
mètres au-dessous du niveau delà mer : en 1800, elle avait été
inondée jusqu’à. 70 mètres a'u-dèssorts de la superficie du
terrain; à l’époque de mes observations , on épuisait les eaux,
et leur niveau était déjà à 3oo mètres au-dessous du sol; ce
qui eii restait encore remplissait seulement une fente d’un
mètre de largeur, et était ainsi très-propre à donner la température
de la roche adjacente.
Au fond de la mine de Junghohebirke , la température a été
également prise dans une eau qui noyait les travaux souterrains,
et qui avait plus de 3o mètres de profondeur. Le thermomètre
se tenait à la même hauteur dans une galerie percée au même
niveau, et à un assez grand éloignement de la mare souterraine.
Ces diverses observations me forcent à conclure qu'aux
mines de Freyberg, la température augmente à mesure
qu’ on s’y enfonce-, et qu’à 300 mètres elle excède d ’environ
8° celle de la surface du sol.
Cette assertion vient d’être encore confirmée par de nouvelles
expériences faites avec un soin tout particulier, d’après
les ordres du directeur-général des mines de la Saxe. En i 8o5,
deux thermomètres ont été placés, à poste fixe, dans la mine
de Beschertglück, où j’avais fait mes observations : ils étaient
dans des niches pratiquées à cet effet dans la roche, et derrière
une vitre , 1 un a 180 mètres de profondeur, et l’autre à 260 ;
ils ont été observés trois fois par jour durant l’espace de deux
ans : ils ont toujours marqué le même degré, sans la moindre
variation, le premier se tenant à n ° ,2 , et le second à i5 ° :
c’est exactement le résultat que j’avais obtenu eu 1802. On a
établi, d’une semblable manière, des thermomètres dans la mine
à’Aile Hoffnung Goltes, à deux lieues au
nord de Freyberg,
et ils ont indiqué (1),
à 73 mètres de profondeur. . . . . . 9»
1 7 0 ..........................................
2 7 0 .......................................
38o ................................... .... . .
Après avoir rapporté ces faits, et conclu une diminution de
température d’environ un degré par 37 mètres de profondeur,
(1) Annales des Mines , tom. 3 .