
plus on moins. Ces pierres, dont le nombre et la grosseur varient
considérablement, sont chaudes, comme brûlées, et répandent
une odeur de soufre au moment de leur chute.
Il est tres-remarquable que toutes les relations authentiques
que nous avons de ces phénomènes présentent exactement
toutes ces mêmes circonstances ; il n’y a de variation que du
plus au moins. A Grenade, le bolide ne fut pas aperçu , le
ciel étant presque entièrement couvert; mais la lueur qu il répandit
fut très-vive, elle dura au moins quinze secondes, et
plus d’une minute au dire de quelques personnes ; les détonations
furent au nombre de trois; on les entendit à plus de
vingt lieues de distance ; le roulement se prolongea pendant
quelques minutes , en se dirigeant du nord-ouest au sud-est ;
l’espace dans lequel tombèrent les pierres est une langue
étroite, affectant la même direction, et ayant environ 4.000 mètres
de long et 4-00, de large : ces pierres, étaient certainement
au nombre de plus deçent; on n’en a ramassé qu’une vingtaine,
la plus grosse pesait deux livres. A l’A ig le , le météore
parut comme un globe enflammé et très-brillant; le terrain
sur lequel tombèrent les pierres , avait deux lieues et demie de
long et une de large; ou a estimé leur nombre à plus de trois
mille, une d’elles a pesé 17 livres. lïn 14.92, il en tomba
une à Einsisheim en Alsace , pesant 2(30 livres : on en a un
fragment de vingt livres au Muséum d’histoire naturelle à Paris.
On sent qu’il est impossible de rien dire fle précis sur la
hauteur , la vitesse et la grandeur réelles des bolides. M. Bow-
ditsch , recueillant des observations, d’ailleurs assez yagues,
sur celui vu à Weston dans le Connecticut, en 1807 , conclut
que sa hauteur était de près de 3o mille mètres (six à sept lieues);
sa vitesse de 4834- mètres par seconde, c’est-à-dire dix fois
plus grande que celle d’un boulet de canon , et moitié de celle
avec laquelle la terre est emportée autour du soleil ; quant à
son moindre diamètre , il le porte à 160 mètres. Toutes ces
quantités me paraissent bien considérables : et lorsqu’à Grenade
j’ai vu le peu de largeur de la bande de terrain sur lequel les
météorites étaient tombés ; lorsque j’ai entendu des détonations
dont la force indiquait qu’elles avaient lieu dans un milieu
assez dense , et par conséquent dans la partie intérieure de
notre atmosphère ; lorsque j’ai ouï dire à un grand nombre de
témoins qu’ils avaient entendu le très-fort bruissement de là
massé passant sur leurs têtes dans une direction bien précise, j ai
été tenté de conclure que le bolide était à une petite hauteur,
au moment qu’il a éclaté et lancé'les météorites, tout en poursuivant
sa route.
Si l’accord entre les diverses circonstances qui accompagnent
l ’arrivée du bolide, sa détonation et sa dispersion en pierres ,
est très-remarquable , celui que présentent ces pierres dans
tous leurs caractères physiques et chimiques est vraiment étonnant:
tous les échantillons des divers météorites que j’ai vus ,
paraissent n’être que des fragments de la même masse ; et il
en est à-peu-près de même de tous ceux cités par les auteurs.
Us consistent en une pâte pierreuse, homogène , grisâtre et
granuleuse, renfermant une plus ou moins grande quantité de
grains d’un fer à l’état métallique et très-malléable. J’établis
leurs caractères minéralogiques ainsi qu’il suit :
La forme est entièrement indéterminée et irrégulière.
La surface offre de toutes parts des angles, ou arêtes, ar-
rendis et émoussés, à-peu-près comme celle d’un corps qui
aurait éprouvé un commencement de fusion. C ’ est une croûte
très-mince, le plus souvent semblable à un simple enduit su
perficiel, mais qui a quelquefois plus d’une ligne d’épais-
seur Elle est fréquemment vitritiée par parties.
Elle est d’un noir brunâtre. L’intérieur est d’un g r i s cendré
plus ou moins foncé, et il sc couvre de taches de rouille par
l ’exposition a l’air.
La cassure est mut le , terreuse, et gî os grains (a grain g