
les terrains tertiaires , ils renfermeront les
premiers vestiges de quadrupèdes. Les terrains
secondaires se diviseront ainsi en intermédiaires,
secondaires proprement dits, et tertiaires. Peut-
etre pourront-ils se subdiviser encore, et la présence
de différentes sortes d’c es organisés permettra
t-elle d’y introduire un jour de nouvelles
distinctions d’époques: M. Brongniart, quia déjà
donné une première esquisse de ces divisions, s’occupe
des moyens de les établir et de les caractériser
d’une manière positive, si toutefois cela est
possible.
A la suite des cinq classes que nous venons de
mentionner, nous en placerons une sixième ^qui
comprendra les terrains volcaniques, et en général
les terrains d origine manifestement ignée ; ils
sont entièrement, ou presque entièrement postérieurs
a la formation des terrains secondaires
proprement dits.
Chacune de ces six classes se divisera ensuite en
au tant de terrains particuliers qu’elle comprendra
d espèces de roches constituant, soit seules , soit
avec celles qui leur sont subordonnées, des contrées
d une grande etendue : et chaque terrain se
soudivisera , à son tour , en autant de formations
que sa roche caractéristique se représentera de
fois, dans le règne minéral, en portant, tant
dans son gissement que dans les circonstances
de sa nature et de son association, des caractères
d’un âge différent. Voyez ce quia été dit aux §§ 97
et i2ï.
Je dois prévenir ici que ces diverses divisions ont principalement
pour objet de faciliter l’étude de la science, et de venir
au secours de notre faible intelligence. Car, d’ailleurs, c’est
bien ici le cas de dire q, *tout se lie et s’enchaîne dans la nature.
Les terrains primitifs passent aux terrains secondaires
d’une manière insensible : la formation du schiste-phyllade gît
moitié parmi les premiers, moitié parmi les seconds, c’est-à-
dire qu’elle n’était pas entièrement terminée lorsque les premiers
végétaux et animaux ont paru. La formation du grès ancien paraît
être également moitié dans les terrains intermédiaires,
moitié dans les secondaires; et les terrains tertiaires, que nous
venons de signaler, sont un vrai mélange de ces derniers
et des terrains de transport. Ne séparons pas d’une manière positive
et tranchée ce que la nature n’a fait que nuancer, et ne
soyons pas plus exacts qu’elle, si nous voulons la Cire connaître
telle qu’elle est réellement. Luttons même contre cette tendance
qui nous porte à simplifier les objets pour nous les représenter
dans un ordre facile à saisir ; on satisfait bien de cette
manière notre esprit, maison s’éloigne trop souvent delà réalité.
Après avoir entendu, pour la première fois, les leçons de Wer-
ner sur la géognosie, j’en élaguai naturellement tout ce qui me
paraissait vague ; et je me fis, sur tous les points de la science
des idées où tout était, en apparence, net, exact, précis ; mais
lorsque j’allai observer la nature, je ne trouvai plus rien qui y
répondît; et bientôt je vis que Werner, bien loin d’avoir été
trop vague , ne l’avait peut-elre pas été assez. Je crains d encourir
le meme reproche, à l’occasion de cet ouvrage ; et cependant
je serai accusé d’y avoir mis moins de précision qu’on
n’en trouve dans les autres traités de géognosie. Historiens
de la nature, c’est son histoire, et non celle de nos conceptions
que nous avons à écrire.