
notamment le sulfure de fer, ou pyrite , sont
les seuls combustibles que nous ayons observés
jusqu’i c i , en grandes masses, dans le sein de la
terre. Leurs principes se retrouvent parmi les
produits des volcans : c’est ainsi que la fumée qui
sort du Vésuve est souvent imprégnée de bitume ;
que le pétrole dégoutte de quelques laves, et qu'il
abonde dans quelques terrains volcaniques (1) :
c’est ainsi que le soufre se trouve en très-grande
quantité dans la plupart des volcans , que le fer
forme une partie constituante d’un ordre entier
de laves. Cés faits paraissent autoriser la
croyance de ceux qui regardent les bitumes minéraux
et les pyrites comme les combustibles qui
alimentent les feux souterrains.
Mais, d’un autre côté, on voit une grande quantité
de volcans qui reposent sur les granités ou
autres terrains primitifs : presque tous les volcans
éteints de l ’Auvergne et du Vivarais sont dans ce
cas; ils ont, ou ils ont eu leur foyer dans cès terrains,
et ils ne peuvent ainsi l ’avoir dans les houilles
ou bitumes minéraux, puisque ces substances
sont d’une formation secondaire, et qu’elles
reposent par conséquent sur les formations primitives.
Observons de plus que nous connaissons ,
sur notre globe un grand nombre de couches de
houilles et d’énormes couches en feu , ainsi que 1
(1) Breislak, Institutions géologiques, § 602 et suiv.
nous le verrons dans la seconde partie, et jamais
nous ne leur avons vu produire aucun effet analogue
à celui de nos volcans, aucun fait qui pût
en rappeler même l ’idée : torréfier , calciner et
vitrifier les couches qui sont au-dessus, voilà
les seuls effets qu’elles produirent.
Les pyrites sont, il est vrai , abondamment
répandues dans toute espèce de terrain ; mais
elles n’y sont qu’en grains , ou en rognons , ou
en petites couches ; e t , en somme , leur volume
est extrêmement petit par rapport à l ’étendue des
masses qui les renferment. Quelles immenses
couches de pyrites n’aurait-il pas fallu pour fondre
les masses de l ’E tna, du Cotopaxi, du Pi-
chincha, etc. : jamais on n’a vu rien de pareil. Remarquons
encore que plusieurs produits volcaniques
ne contiennent pas la moindre trace de
soufre ni même de fer.
D’après ces considérations, nous devons penser
que les houilles et les pyrites ne sont pas,
généralement parlant, les combustibles qui alimentent
les feux des volcans, et nous ignorons
quel est ce combustible , si toutefois il en existe
un.
§ 80. Nous savons encore moins quelle est la
cause qui peut avoir produit ou allumé les feux
souterrains.
Depuis un siècle , presque tous les naturalistes
ont attribué ces feux et toutes les chaleurs souÜ
Causes des
incendies
volcaniques.
I .