
les autres terrains primitifs. Ceux de formation
subséquente vont continuellement en baissant de
niveau : les plus anciens d’entre eux se trouvent
cependant encore à des hauteurs considérables;
mais les plus nouveaux, tels que les craies et les
dernières formations de gypse, n’occupent que
les parties basses de la surface du globe. Enfin ,
les grands terrains meubles n’existent plus que
dans les plaines, ou à une petite élévation au-dessus
du niveau de la mer. Ces faits nous conduisent
à conclure que la dissolution dans le sein
de laquelle se sont formés les divers terrains , a
successivement baissé de niveau ; et que , d’une
élévation supérieure à celle de nos plus hautes
montagnes , une diminution graduelle l’a réduite
à n’être plus que nos mers actuelles.
Werner développe avec détail cel abaissement successif des
anciennes mers, ou plutôt celui deleurs produits , et il l’appuie
par quelques exemples : c'est peut-être le point de sa doctrine
qu’il expose de la manière la plus séduisante ; mais c’est peut-
être le moins fondé. Ce n’est pas qu’en prenant les grandes
masses minérales dans leur ensemble, on ne trouve effectivement
des gradations dans leur abaissement respectif; l’ensemble
des observations montre bien les roches granitiques à un niveau
plus élevé que les schistes-phyllades : ceux-ci ont une plus
grande hauteur que les calcaires secondaires, lesquels sont eux-
mêmes plus élevés que les grès. Mais les coquilles qu’on trouve
faisant, en quelque sorte, partie constituante de la roche qui
forme la cime la plus élevée des Pyrénées ; mais le calcaire
coquillier qui constitue les plus hautes sommités des Alpes
rhétieimes ; mais les débris d’animaux marins trouvés, dans
le Pérou , à 43oo mètres de hauteur; »nais les poudingucs à
gros galets , qui forment dans les Alpes de hautes montagnes ,
et qui ont été observes à trois mille mètres d’élévation : tous
ces laits viennent bien modifier, sinon renverser, la théorie
d’où Werner concluait l’abaissement de la dissolution , au
sein de laquelle les masses minérales out été formées, de la
diminution progressive dans le niveau de ces masses. Au reste ,
la considération du niveau auquel on les trouve n’en doit pas
moins être un objet de recherche pour le géognoste : M. de
llumboldt y a donné ses soins particuliers; et,lorsque les observations
seront multipliées , on pourra vraisemblablement en
inférer quelque conséquence : ce sera encore à Werner qu’ on
aura l'obligation d’avoir porté notre attention sur cet objet.
Au reste, ce savant admettait, ainsi qu’on le dira ensuite, des
retours et rehaussements subits des mers, suivis de retraites
soudaines : et dans les ouvrages de géognosie dernièrement
publiés, en Allemagne, d’après ses principes , on regarde les
diverses formations minérales comme le produit de quatre
grandes mers successives. ( T'J^asserbedekungen). Leohnard s
Propoedentik der rninera/ogie, 1817.
S i 38. La dissolution a changé ^ - o successivement Cdhaannsg elam nean-t
de nature. Ses premiers précipités son! différents ture de ta
. . . ,. ,.„N dissolution.
de ceux qui les out suivis , et ceux-ci datèrent
encore des derniers. Au commencement, c’était
principalement des granités ; dans le moyen âge
de la formation des terrains, les schistes abondent
; et dans les derniers lems, ce sont les calcaires
qui dominent. Le changement dans la nature
du précipité, a été quelquefois brusque,
. mais le plus souvent il s est fait d une manière
successive et graduelle ; c’est ainsi que, dans les