
Formations
de moins en
moins cristallines.
premières formations, les principes du feldspath
étaient les plus abondans ; ils ont ensuite diminué
graduellement, ceux du mica ont augmenté dans
le rapport inverse ; et, par un effet de ce changement
successif, l’on a eu les gneis, les schistes-
micacés, les phyllades, etc. Le calcaire , rare
dans les premiers tems , se trouve ensuite en
plus grande quantité, et il forme la matière
principale des dernières formations. La magnésie
se remarque principalement vers le milieu des
premières époques : un peu après , le carbone
commence à paraître ; et on le trouve ensuite
en quantité considérable dans le moyen âge.
§ i 3g. Lorsque la dissolution recouvrait et enveloppait
tout le globe , qu’elle avait une grande
profondeur , elle était pure et tranquille.. Aussi,
tous ses premiers produits sont-ils entièrement
cristallins ; et lorsque nous considérons un fragment
de granité, que nous voyons les grains ou
cristaux de feldspath, etc., qui le composent, bien
distincts, la séparation et la disposition de leurs
molécules intégrantes nous indiquent une formation
faite lentement et avec tranquillité.
A mesure que le niveau du fluide baissait, l’agitation
paraît avoir augmenté de plus en plus. La
cristallisation est devenue confuse ; les molécules
n’ont plus eu le tems et la facilité de se séparer
aussi complètement que dans les premiers tems ,
ou de former d’aussi gros cristaux : de là ces granites,
à grains indiscernables à la vue , qui forment
la pâte des porphyres , ces schistep-micacés
dans lesquels les grains de quartz et les paillettes
de mica ont perdu leur forme et se 'distinguent
difficilement. Ensuite la séparation ne s est plus
opérée, l’aspect cristallin a disparu, et il ne
s’est produit que des masses compactes , dont le
tissu se relâchait touj ours de plus en plus, e t dont
la translucidité allait toujours en diminuant. les
serpentines, les schistes, et meme le calcaire,
offrent des exemples de ces dégradations. Enfin,
le trouble ayant encore augmenté, et la précipitation
s’étant faite avec rapidité, ses produits
n’ont plus été que des masses terreuses opaques,
peu dures ; en un mot, ce n était plus que de
simples sédiments.
§ i 4o. Dans les commencements , lorsque les
courants et les mouvements des mers étaient fai- ques aug-
, mentent .
blés, ou qu’ils n’atteignaient pas le sol que ceseaux
recouvraient, le fond du réservoir , c est-a-diie
les roches déjà formées n’éprouvaient que peu de
dégradations : ainsi, leurs fragments et leurs déc
r is n’étant qu’en très-petite quantité ne pouvaient
pas altérer, par leur mélange, les formations
qui se faisaient, et encore moins en produire
de particulières. Aussi, dans tous les premiers
terrains , les précipités sont purs , homogènes
et cristallins ; on n’y voit point ou presque
point de brèches ; il ne saurait y exister de grès,