
nérales, lorsqu’elles éprouvent de fortes secousses:
nous en avons cité des exemples ( § 74.)-
Mais le plus considérable de ces effets consiste
dansl’affaissement de portions plus ou moins considérables
du sol. Nous aurons à en distinguer
diverses sortes : et d’abord ceux qui ont lieu dans
les régions volcaniques ; ils sont aussi fréquents
qu’incontestables.
L ’énorme quantité de matière rejetée par les
volcans doit nécessairement laisser , dans l’intérieur
de la terre , des vides proportionnés à son
volume. Toute la masse de l’E tna, de ses laves et
de ses déjections, est sortie des régions situées
sous terre , au-dessous et dans le voisinage : elle
doit y avoir laissé un vide immense , et la montagne
est comme suspendue sur un abîme ; il en
sera de même du sol d’un grand nombre de contrées
volcaniques , de celui de Quito par exemple
, où M. de Humboldt est quelquefois tenté
de ne voir qu’un seul et immense volcan dont le
Cotopaxi, le Pichincha , etc. , seraient les différentes
bouches. Lorsque les secousses du tremblement
sont assez fortes pour rompre les voûtes,
soit primordiales , soit formées par l ’enlacement
des laves , ou pour briser les piliers encore existants
, ces montagnes et ces terrains retombent
dans les gouffres d’où ils étaient sortis. C’est ainsi
que , dans le tremblement de terre arrivé à la
Jamaïque en 1692 , la plus haute montagne de
dégradation de la surf, du glo be. 261
File fut engloutie, et est remplacée par un lac (1) :
qu’en Islande une montagne d’une hauteur considérable
s’enfonça, en une nuit, par un tremblement
de terre , et qu’un lac très-profond prit
sa place (2) : que , le 11 août 1772, le volcan le
plus considérable de Java, ayant plus de trois
lieues ( quarante milles, disent d’autres auteurs )
de circuit, s’abîma tout-à-coup, après une courte
et violente éruption, entraînant avec lui quarante
villages et deux mille habitants (3) : qu’en i 638,
le volcan du Pic, dans lesMoluques, que l’on découvrait
en mer à plus de trente milles, et qui tenait
lieu de fanal , disparut en entier au milieu
d’une éruption violente ; un lac le remplace aujourd’hui
(4) : qu’en i 586 un éboulement analogue
, arrivé dans la même île , coûta la vie à
dix mille âmes (5). Nous devons à M. de Humboldt
la connaissance de divers faits du même genre ,
concernant les terrains volcaniques de l’Amérique
: nous avons vu (§ 67) le Carguairazo, en 1698,
s’écrouler et inonder de boue les contrées voisines
: une ancienne tradition veut que le volcan
de l’Altar de los Collanes, dans le Pérou, dont
lahauteur surpassait, dit-on, celle du Chimboraço,
après huit ans d’éruptions continuelles, s’affaissa;
(1) Bertrand, Mémoire sur les tremblements de terre.
(2) Buffon, Suppl., in-4° , tom. Ier, pag. 38y.
(3) Ibidem, pag. 38g.
(4; Ordinaire, Histoire naturelle des volcans, ch. 22.
(5) Ebel, Uber den Ban der E rd e , tom. I I , pag. 282.