
le fond, resté à sec , sera traversé par le fleuve
Saint-Laurent, lequel en sortira à travers l’échancrure
creusée par les cataractes, à-peu-près
comme nous voyons sortir le Rhin du bassin où
est l’Alsace , par l’échancrure qui s’étend depuis
Bingen jusqu’à Bonn.
Quelquefois les eaux des lacs, au lieu d’attaquer
leurs digues dans la partie supérieure, attaquent et
percent la partie inférieure contre laquelle elles
exercent d’ailleurs une plus forte pression : une
petite fissure, dans cette partie, peut donner
lieu à l’ouverture. C’est vraisemblablement ainsi
que se sont formés les ponts naturels dont nous
avons parlé âu paragraphe précédent. Souvent
la formation ou l ’agrandissement de ces ouvertures
inférieures aura été suivie de l ’éboulement
des parties de la digue ou montagne qui étaient
au-dessus : telle est peut-être la cause à laquelle
il faut attribuer lés grands quartiers de roche
qu’on trouve quelquefois au fond des coupures
des chaînes de montagnes , et dont le Potomack
vient de nous fournir Un exemple.
Des affaissements, des tremblements de terre ,
én donnant lieu à de nouvelles fentes, peuvent
encore avoir ouvert une issue aux eaux des lacs ou
mers méditerranées , et avoir ainsi occasioné
leur débâcle.
Ces débâcles ne peuvent manquer de produire
de très-grands effets. Les eaux cédant à une presÀCTION
DE l ’ e a u SUR LA SURE. DU GLOBE. l 3 5
sion souvent immense, doivent sortir avec une
violence extraordinaire | elles entraîneront les
terres et pierres qui seront sur leur passage, elles
sillonneront profondément le terrain qu’elles
parcourront, et y creuseront des ravins. C’est en
grande partie à de pareilles causes que Saussure
attribuait les traces d’érosions que les montagnes
des environs de Genève lui présentaient de tous
côtés.
§ 44. Les mouvements dont les eaux de la mer
sont douées leur donnent le moyen d’exercer une
action beaucoup plus considérable qu’on ne le
croit communément, sinon sur le fond, du moins
sur les bords du bassin qui les contient.
Si ces bords sont élevés, les vagues les attaquent,
les corrodent , les transforment en falaises ,
qu’elles minent ensuite , et dont elles occasionent
peu-à-peu la chute etla destruction. Elles peuvent
ainsi reculer les limites de la mer , et lui former
les côtes escarpées qu’elle présente si souvent. Les
rochers nus et à pic qui la dominent quelquefois
en surplombant, ceux qui se portent en avant et
qu’une érosion a évidemment détachés de la terre
pour en faire des écueils , etc. , sont des preuves
incontestables de l’action destructive des vagues :
et quoique ce soit principalement par une action
Action de
l’eau dans la
continuellement répétée, pendant une bien
longue durée de tems , que ces effets peuvent
être produits, nous avons cependant des exemples
mer.