
hauteurs de l’hopice du grand Saint-Bernard, au-dessus de
Genève, conclue de la moyenne des observations faites tous les
jonrs dans ces deux stations, au lever du soleil, et à deux
heures après midi-, en 1818. En prenant ainsi la moyenne d’une
trentaine d’observations, les erreurs de l’observation , ainsi
que les anomalies dues à des causes passagères, telles qu’un
orage, etc., disparaissent.
Le Saint-Bernard, situé sur un col, au faîte des grandes
Alp es, se trouve comme engagé entre leurs plus hautes sommités
: il est à environ 2510 mètres au-dessus de la mer, et à
85535 mètres ( 19 lieues ) , à l’est-sud-est de Genève.
MOIS.
Janvier. .
Février. . .
Mars. . .
Avril. . .
Mai. L . .
Juin.-. . .
Juillet. . .
Août. . . .
Septembre.
Octobre. I
Novembre.
Décembre.
Moiyenne.
n
LEVER DU SOLEIL. A DEUX HEURES
hauteur, distance.
2om58et 2o65
2093
2o58
2080
2074
2084
2075
2068
2071
2061
2062
2071
h au teu r . d is tan ce. '
i3m è t.
6
2104 2 19 O
30 9 1 — 2 f i — 8
23
3
2 l 3o H — 1 8
i 2 h 9 2 132 " T " 20
7 132 1 4 7 -+ - 35
42 1 i n ■ +■ 2 i 3 t _ ■ +■ 25 2
i
2 1 1 y ■ +- 5
12 0 9 8 H *7
2 0 7 6 - 34
2 0 8 1 ■— 3 i
2 1 X 2
Ainsi, même à l’aide de moyennes, nous avons ici des erreurs
de 35 mètres sur 2112, c’est-à-dire de 16 sur 100 : et ce qui
est bien remarquable, c’est que les erreurs ont été moindres au
lever du soleil qu’à deux heures après midi ; quoique le premier
de ces moments soit en général regardé comme le plus défavorable
à la mesure des hauteurs : dans le cas présent, avec un coefficient.
déterminé pour ce moment, il eût été plus favorable que
celui de 2 b. Il importe que les observations du Saint-Bernard soient
multipliées et qu’elles soient faites avec le plus grand soin : malgré
quelques désavantages de position, sous certains rapports , c’est
l’observatoire météorologique le plus important de l’Europe : c’est
l’habitation la plus élevée de cette partie du monde.
Les causes perturbatrices du baromètre exercent plus d’action
dans les couches inférieures que dans les couches supérieures
de l’atmosphère. En conséquence, lorsqu’on mesure
de petites hauteurs, comme les deux stations sont dans les
premières de ces couches, les erreurs provenant de la perturbation
, c’est-à-dire celles de facteur barométrique, doivent
être plus considérables que pour les grandes hauteurs. Cependant,
on peut encore ici obtenir des résultats bien satisfaisants.
En 1816, j’ai vu faire , par M. Marqué-Victor , professeur de
physique, et par M. la Faure, ingénieur des ponts et chaussées,
56 observations simultanées, en huit jours, à Toulouse
et à Naurouse, point de partage des eaux du canal de
Languedoc : la distance entre les deux stations est de 43 mille
mètres , et la différence de niveau, connue d’après un grand
nombre de nivellements , est de 5o ,i mètres. Le résultat
moyen des observations barométriques a été 5o,2 mètres : le
tableau de ces observations en présente neuf anomales dont
quelques-unes donnent jusqu’ à 4 mètres d’erreur; mais en
bonne critique, elles seraient dans le cas d’être rejetées, tout
indique que plusieurs d’entre elles ne sont dues qu’à une
erreur dans l’observation; dans les 45 antres, les différences
n’excèdent pas 2 mètres , et elles sont tantôt en plus, tantôt
en moins.
En résumant, nous pourrons établir, qu’en faisant abstraction
des causes manifestes d’erreur, telles qu’un changement
brusque et considérable dans la température , une forte pluie,
ou une grêle qui refroidirait tout-à-coup l’air, les approches
d’un orage, l’épbque d’une tempête , une distance de plus